lundi 19 novembre 2007

And then, Pop. Goes my heart.

Il y a eu Jamie T. au printemps dernier, il y a cet automne Jack Peñate. Curieusement (ou non), Matinée, titre de ce premier album ensoleillé, a des odeurs de cèdre et de fleur d'oranger. C'est l'album que j'écoute en effet le matin sous la douche d'où ce puissant parfum de synthèse qui me revient en mémoire. Ce soir par exemple, même si ça sent un peu la flammekueche dans l'appartement, depuis que le disque tourne sur ma platine, je repense à ce petit flacon d'ivresse aux notes hespéridées. J'aurai pu penser à autre chose, dire par exemple que c'est aussi gai et chaleureux qu'un disque des Shins, que ça a l'énergie festive des Dexys Midnight Runners, et que l'écriture est appliquée et rythmée mais non, je préfère te parler à la place des senteurs d'un gel douche bon marché, sous-marque d'une grande enseigne qui me donne des démangeaisons la nuit.


Quittons la salle de bain un instant.


Après un petit déjeuner rapide, je pars au boulot en embarquant l'album de Caribou : Andorra. C'est presque aussi joyeux que Jack Peñate sauf que la musique de Dan Snaith est bien plus intellectualisée que celle du londonien. C'est un type qui a un doctorat en mathématique et le look idoine. Par "plus intellectualisée", j'entends plus réfléchie, pendant toute année comme s'il faisait un travail de recherche universitaire, Snaith a en effet construit son album patiemment, petit bout par petit bout, conceptualisant le medium, dé(cons)truisant les rythmes, collant ici où là des morceaux de mélodies. Le résultat est très surprenant car au fond le disque, même s'il baigne parfois dans l'electro douce, est très pop. L'album est scindé en deux parties bien distinctes. Dans une première, on y croise Brian Wilson et la sunshine pop où des mélodies colorées explosent tordant de plaisir le rythme des chansons. Dans une seconde, Snaith se laisse aller à l'expérimentation. Les titres deviennent plus electro. Toutefois persite l'extrême rigueur des arrangements et de la production car Snaith a vraiment le souci du détail et sème dans ses chansons des sons ou des arrangements si subtiles qu'il faut certainement plusieurs écoutes pour les entendre. C'est un beau disque qui me pousse certains matins à prolonger le trajet pour aller au boulot. Parfois pour écouter une seconde fois, la magnifique She's the one, il m'arrive au grand dam des autres automobilistes qui font la gueule en écoutant Europe 2, de faire plusieurs tours de rond point, juste comme ça, pour tournoyer avec la musique et prendre quelques minutes de bonheur avant de commencer une autre journée de travail.



Puis, quand les premiers lampadaires s'illuminent et que je cherche une place pour me garer pas trop loin de chez moi, je pense à l'autre disque qui m'attend : Bright Flight des Silver Jews. Bon, là, c'est un peu le disque idéal à écouter en buvant un très bon verre de vin et en allumant le feu de cheminée. Silver Jews, ça sent le sud, le whisky, la clope, la braise et le foin. L'écriture, incisive et ironique, prend dans la parole du chanteur David Berman des faux airs de M. Doughty (tu sais, le mec de Soul Coughing) ou de Caleb Followill (tu sais, le mec des Kings of Leon) et parfois, mais il faut chercher un peu, de Lou Reed (tu sais, le mec du Velvet Underground). Surtout, l'album contient peut-être une des ces chansons qui donne envie de virer les 9 999 autres de ton Ipod. Tennesse. Il faut vraiment que tu l'écoutes si tu ne la connais pas. C'est immense, c'est beau, c'est chaud, ça monte tout doucement puis ça explose comme un épi de maïs que l'on jette dans dans le barbecue. Quand je mourrai, je veux qu'on m'enterre avec cette chanson.

8 commentaires:

harry belane a dit…

pas convaincu par cet album de jack penate, mais votre critique est plaisantE MAIS LE DISQUE EN QUESTION RESTE TROP gentillet,
voire superficiel dans le genre pop, en cpnseillant l(ecoute des fiery furnace avec " my egyptian grammar", "waiting for you" et "nevers" contaminées à l'essence velvetienne.bien à vous

lazare a dit…

"There's a town I know called Nevers,
No Nevers
Never wasn't was what it weren't
When it wasn't once knew Nevers?
Nothing never I'll ever learnt."

Ah sacré Belane, toujours fourré là où y'a du son, hein?

La buse a dit…

@ Harry Belane:

Le disque de Jack Peñate est en effet très gentillet, très léger. C'est d'ailleurs peut-être pour cette raison qu'il ne m'évoque qu'un parfum de synthèse...

MAIS, il reste très agréable à écouter (pas pendant tout le mois certes). Il n'y a pas de mal à se faire du bien.

Enfin, merci pour le conseil (je suis très preneur de conseil). je vais écouter avec attention.

Shaolin Soul!

harry belane a dit…

attention, les fiery furnaces ne valent essentiellement qu'au travers de ces titres, le duo a du mal tenir la longue distance imposée par les albums.mais y a pas de mal à se faire du bien

La buse a dit…

J'ai bien écouté les 3 titres des Fiery Furnaces. C'est vrai que la splendide "my Egyptian Grammar" a de faux airs du Velvet. J'ai beaucoup aimé aussi les 2 autres et je vais quand même tenter l'écoute de l'intégralité des 2 albums. Encore merci pour le conseil!

harry belane a dit…

Et là c'est le drame !!!

La buse a dit…

@ Harry Belane:

Il y a plus dramatique. Si certes Bitter Tea laisse un goût un peu amer, Widow City tient parfaitement la route, non? Je trouve que c'est un bon disque, original, bien écrit, bien pensé.

Merci en tout cas pour la découverte...

harry belane a dit…

Content que ça te déplaise pas, "widow city" plus où moins évident que "bitter tee" ?,je sais pas, c 'EST un groupe complexe