Les gens qui choisissent sciemment un nom pour leur chien sont-ils heureux ?D’accord, l’acte en lui-même n’est pas blâmable, si j’avais moi-même un chien, je pense que je lui donnerai un nom, non par conviction mais par convention sociale. Tout de même. Cela me donne l’irrépressible envie de vider une bouteille de Tequila.
Que peut-il se passer dans la tête de ces personnes qui, larmes à l’œil, fixent leur nouveau clébard ronflant sur leur couverture élimée du canapé et se réjouissent d’avoir trouver le nom de leur toutou Cannelle, pendant les informations régionales de France 3 ? « Lui au moins, il nous comprend » Et bien non, justement, il ne comprend pas un traître mot de vos apitoiements existentiels. Il s’en fout complètement. Il n’écoute pas, il guette vos moindres gestes, le signal corporel (un redressement dans votre canapé, un claquement de mains, une intonation vocale…) qui indiquerait une éventuelle promenade.
Mais quelle idée aussi de l’appeler Cannelle…
Déjà, peu de chien sente la cannelle. Un chien, il faut bien le dire, sent souvent mauvais. Même quand il est sec. Ce n’est un secret pour personne. Mais surtout, un chien est fondamentalement con. La preuve est qu’il accepte sans broncher qu’on l’appelle par des noms tout aussi navrants les uns que les autres : Rex, Médor, Pépette, Tina, Max, Princesse. Un chien répondra toujours, même si apparemment (je dis «apparemment » parce que c’est ma boulangère qui l’affirme), on le tape.
Va essayer d’appeler un chat Cannelle, c’est à coups de griffes dans la gueule qu’il te fera comprendre qu’il ne faut pas trop le traiter comme un chien.
Alors, est-ce peut-être pour pallier cette idiotie toute canine que certains tentent de rendre leur clebs plus intelligent qu’il n’en a l’air en le baptisant d’illustres noms de savants, de penseurs ou d’artistes. Ainsi, tel labrador répondra au nom de Platon, tel Fox Terrier à celui d’Einstein, ou bien tel boxer français à celui d’Armstrong. Mais tous ces artifices semblent bien vains et ne peuvent cacher la véritable nature du meilleur ami de l’homme. La définition (au sens Leibnizien du terme) d’un chien, sa clébarité, est, admettons-le, très proche de celle d’un nouveau né : ça chie, ça dort, ça gueule.
Et voir Platon qui bouffe mes converses, prend la meilleure place du canapé et aboie continuellement comme s’il avait une écharde dans la patte me donne envie de rester cynique.
Et voir Platon qui bouffe mes converses, prend la meilleure place du canapé et aboie continuellement comme s’il avait une écharde dans la patte me donne envie de rester cynique.
3 commentaires:
Meilleurs voeux chère Buse !
Meilleurs voeux aussi, Bartleby!
C'est peut être pour ça que John Fante a appelle son chien: "Stupide!!!" avec les trois points d'exclamation.
Bonne année ferait un nom de chien acceptable.
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