lundi 31 décembre 2007

Les chiens aiment-ils qu'on les appelle par leur petit nom?

Les gens qui choisissent sciemment un nom pour leur chien sont-ils heureux ?

D’accord, l’acte en lui-même n’est pas blâmable, si j’avais moi-même un chien, je pense que je lui donnerai un nom, non par conviction mais par convention sociale. Tout de même. Cela me donne l’irrépressible envie de vider une bouteille de Tequila.

Que peut-il se passer dans la tête de ces personnes qui, larmes à l’œil, fixent leur nouveau clébard ronflant sur leur couverture élimée du canapé et se réjouissent d’avoir trouver le nom de leur toutou Cannelle, pendant les informations régionales de France 3 ? « Lui au moins, il nous comprend » Et bien non, justement, il ne comprend pas un traître mot de vos apitoiements existentiels. Il s’en fout complètement. Il n’écoute pas, il guette vos moindres gestes, le signal corporel (un redressement dans votre canapé, un claquement de mains, une intonation vocale…) qui indiquerait une éventuelle promenade.

Mais quelle idée aussi de l’appeler Cannelle…

Déjà, peu de chien sente la cannelle. Un chien, il faut bien le dire, sent souvent mauvais. Même quand il est sec. Ce n’est un secret pour personne. Mais surtout, un chien est fondamentalement con. La preuve est qu’il accepte sans broncher qu’on l’appelle par des noms tout aussi navrants les uns que les autres : Rex, Médor, Pépette, Tina, Max, Princesse. Un chien répondra toujours, même si apparemment (je dis «apparemment » parce que c’est ma boulangère qui l’affirme), on le tape.

Va essayer d’appeler un chat Cannelle, c’est à coups de griffes dans la gueule qu’il te fera comprendre qu’il ne faut pas trop le traiter comme un chien.
Alors, est-ce peut-être pour pallier cette idiotie toute canine que certains tentent de rendre leur clebs plus intelligent qu’il n’en a l’air en le baptisant d’illustres noms de savants, de penseurs ou d’artistes. Ainsi, tel labrador répondra au nom de Platon, tel Fox Terrier à celui d’Einstein, ou bien tel boxer français à celui d’Armstrong. Mais tous ces artifices semblent bien vains et ne peuvent cacher la véritable nature du meilleur ami de l’homme. La définition (au sens Leibnizien du terme) d’un chien, sa clébarité, est, admettons-le, très proche de celle d’un nouveau né : ça chie, ça dort, ça gueule.

Et voir Platon qui bouffe mes converses, prend la meilleure place du canapé et aboie continuellement comme s’il avait une écharde dans la patte me donne envie de rester cynique.

mercredi 26 décembre 2007

Conversation 2


A un repas

Moi: Tiens, je viens de commencer la Commune, c'est pas mal?
Lui: A la fin, ils crèvent tous
Moi: Ah?

Plus tard...
Lui: Je ne savais pas quoi t'offrir, alors j'ai pris ça.
Moi: Effectivement...

Puis...
Lui: Qu'est-ce qu'elle t'a offert, alors?
Moi: Les sessions de On the corner de Miles Davis
Lui: Il fait de la musique, lui?
Moi: Euh... Bah, ouais.
Lui: Il a arrêté le tennis, alors?
Moi: Oui, c'est comme Yannick Noah.

Au dessert
Lui: Le meilleur dans la bûche, c'est la glace, t'es d'accord, non?
Moi: Tout à fait. Elle est où la bouteille de champ'?

(...)
Lui: 99 francs, ça troue le cul, quand même?
Moi: Le film ou le livre.
Lui: les 2, c'est ça qu'est fort. J'ai vu le film et ensuite j'ai lu le bouquin. Trop fort. Il dit plein de choses vraies, et il dénonce à fond.
Moi: Et il a arrêté le tennis, lui aussi.
Lui: T'es chiant, on peut jamais parler sérieusement avec toi.

En fin de soirée
Lui: Il paraît que tu fais un blog?
Moi: Ouais
Lui: C'est comme un journal intime, c'est ça? et tu racontes ta vie?
Moi: Presque
Lui: Et y'a des gens que ça intéresse?
Moi: ça t'intéresse, toi?
Lui: Dèjà qu'il faut que je me farcisse sa journée quand elle rentre du boulot, alors non, merci. Et puis, toi, tes histoires... Mais sans déconner, y'a des gens qui lisent tes trucs?
Moi: Oui, deux ou trois.
Lui: C'est pas beaucoup. Si j'étais toi, j'arrêterai... ça sert à rien (silence) En tout cas, c'est pas ce soir que tu vas trouver des trucs à dire, je veux dire avec nous...
Moi: On verra

Message personnel



Trop bien!

Induced by air conditioning



Quand j’étais au lycée, le samedi midi, il y avait la sœur d’une copine qui venait nous chercher en Twingo jaune après le cours un peu chiant de latin. Cette fille avait deux ou trois ans de plus que nous. Elle était à l’université. La classe. Elle faisait des études de lettres ou un truc dans le genre, peut-être philo même, mais elle n’était pas en fac de sciences parce qu’elle était bien trop belle pour faire math. J’attendais avec impatience chaque fin de semaine. De la fenêtre de la salle D315, pendant que mes camarades essayaient de terminer leur version de Tite-Live à laquelle j'avais renoncée, je regardais fébrilement au dehors si je n'apercevais pas la voiture jaune sur le parking.

Cette fille, en plus d’être vraiment belle, était drôle et intelligente. Elle écoutait toujours de la super musique sur l’autoradio pourri de la caisse de ses parents. Les Pixies, les Stones, Weezer (enfin surtout Undone), les Beatles
Quand la sonnerie libératrice retentissait, mon cœur se mettait à battre plus rapidement, mes mains commençaient à devenir moites. Je sortais en jetant ma version inachevée sur le bureau du prof endormi et j'allais rejoindre ma copine qui ne faisait pas latin mais option cinéma. Dans les couloirs, je marchais rapidement, essayant d'éviter les lycéens amorphes, enjambant les plus atteints, j'en profitai aussi pour prendre une pastille mentholée fraîcheur extrême, histoire de masquer l’odeur repoussante d’une bouche fermée pendant une heure. L'odeur du cours de latin, en somme.

Sur le parking, je m’arrêtais un instant savourant ce court moment avant de rejoindre la voiture. J’entendais déjà la musique qui passait au travers des fines portes en plastique de la Twingo. Je respirais profondément et ouvrais la portière passager en essayant de rester le plus naturel possible. Son parfum se répandait alors tout autour de moi. La tête me tournait. En me faisant une bise, ses cheveux ondulés caressaient mon visage. Je fixais attentivement son cou qui se tendait avec l’envie irrésistible de l’embrasser, de m’enfouir dans ce creux chaud, parfumé et si accueillant. Puis je m’asseyais, silencieux, sur la banquette arrière inconfortable pendant que ma copine prenait la place si désirée du passager. Elle montait le volume de l’auto-radio et on partait pour 10 minutes de bonheur.

Sur la route, c’était toujours la même chose. Elle parlait tout le temps, de choses et d’autres, de trucs d’étudiants cool pour nous, lycéens. « Il est toujours aussi timide ton copain », elle disait à sa sœur. Mais je n’étais pas timide, j’étais bloqué. Mon corps ne répondait plus, incapable de sortir un son, j’acquiesçais le plus souvent de la tête. J’avais peur. Peur que toute cette beauté, cette classe s’envole au bruit de mes mots maladroits, de mes idées mal forgées et réductrices, de mes avis si peu intéressants. J’avais peur qu’en parlant elle se rende compte que j’étais con et qu’elle ne veuille plus me raccompagner le week-end. J’avais peur de la décevoir. Je voulais lui plaire mais je savais que mes paroles me desserviraient alors je ne faisais rien. Je profitais de cet instant, je le gardais précieusement pour moi et il m’aidait à tenir la semaine, à combler son absence.

L'année a passé comme toutes les autres années. Et je ne lui ai jamais réellement parlé. Elle m’a sans doute pris pour un mec timide un peu simplet qui n’avait que deux mots de vocabulaire : « ouais » et « cool ».

Cette sensation de malaise ou plus généralement d’incapacité à mettre mes idées en ordre, à mettre à nue ma parole, je la ressens aujourd'hui encore.

Dès que j’écoute les Fiery Furnaces et qu’il s’agit d’en parler, d'en faire une notule, d'en dire quelques mots. Je reste silencieux sur le sujet. Je me bloque. Instinct naturel de défense. J'ai l'impression que quoique je dirais, rien ne pourrait être à la hauteur de ce que je ressens en écoutant les albums. Ce n'est pas tant que je ne sache pas quoi écrire sur ce groupe mais simplement que je n'ai pas envie de trahir les disques. Alors, achètes-les, commande, par exemple, Widow City parce que ce n'est pas à la Fnac que tu risques de le trouver, écoute-les autres. Pense à la première fois où tu as écouté le disque que tu chéris le plus dans ta discothèque et imagine que tu puisses retrouver cette sensation.
Avec les Fiery Furnaces, tu t'en approcheras certainement de très près. Et tu sauras alors...

Mais tu peux surtout aller voir la notule d’Harry Belane sur Pulp qui, lui, n’a pas peur de parler aux jolies filles. Et tu en sauras bien plus...

jeudi 20 décembre 2007

Conversation



A un repas au restaurant entre collègues:

Lui: demain, j'emmène le plus jeune à la piscine avec ses copains. Ils sont six. ça va être chaud. Et toi, t'as des enfants?
Moi : -Non
Lui : -Ah...


Après un long silence

Moi : c'est marrant, non ? Avoir un nom qui claque autant pour un restau et faire de la bouffe aussi dégueu.
Lui : Quoi?
Moi: Bah, oui. Kashmir... Tu sais, comme la chanson de Led Zep
Lui : Qui?

Après un autre silence

Lui : De toute façon, Sarkozy et Bruni, ça va pas durer, je l'ai entendu sur Europe 1 ce matin.
Moi: de toute façon... (pause)
merde, je viens de tâcher ma chemise avec la sauce, quel con...
Lui : Mets un coup de Badoit dessus.

Juste avant le dessert:

Moi: Tu lis quoi en ce moment?
Lui : Tu sais entre le boulot et mes gosses, j'ai pas trop le temps, mais le dernier, il commence à savoir, et c'est dingue, parce que je ne le pousse pas, hein? ça lui vient comme ça... Et toi, ton petit?
Moi: j'ai pas de mioches
Lui: Ah, oui, c'est vrai, excuse
(silence)

A l'addition:

Lui (à toute la table): bon, bah moi, ça fait 24 euros tout rond, j'ai pas pris de vin, donc ça fait 24 pile.
Moi: je vais payer le vin

mercredi 12 décembre 2007

D&co

La décoration d'appartement est une étape importante dans la vie d'un homme (et encore plus dans celle d'un couple) et demande une véritable réflexion. On ne voit pas un individu accrocher, sur le mur juste au-dessus de son écran plasma, une mauvaise reproduction d'un classique de la peinture moderne sans une réelle conviction de choix qu'il puisse ouvertement justifiée à qui viendrait dans son salon si peu accueillant pour prendre l'apéro.

Ainsi, untel affirmera son goût pour la musique contemporaine en présentant une partition sous verre, un autre sa passion pour le jazz qu'il n'écoute pas mais dont l'imagerie semble en quelque sorte définir l'atmosphère qu'il aimerait créer chez lui. Il faut dire que le choix est crucial car il atteste non seulement d'un plus ou moins bon goût mais surtout, le choix de cette décoration, qui reflète cette part de soi-même réifiée, est la première chose sur laquelle un étranger, une personne extérieure à ton intérieur va te juger. Certains, d'ailleurs, ont si bien assimilé cette idée qu'au lieu d'accrocher un cadre, une affiche, ou une peinture d'un artiste local sans talent, offrent en spectacle leurs étagères dégueulant de bouquins qu'ils n'ont pas lus mais qu'ils exposent comme des bibelots soulignant clairement leur besoin d'affirmer leur appartenance à une certaine élite qui n'a d'intellectuelle que le nom. Je n'ai pas lu Proust encore moins les Fleurs du Mal mais si tu viens dans mon salon, tu peux être sûr d'y trouver les éditions les plus luxueuses que tu réves d'avoir mais que tu ne pourras jamais te payer. Forcément en grand format, puisque tu dois bien voir qu'à côté d'A la recherche, c'est bien l'intégrale de Balzac. C'est clair, ça fait pitié à côté de tes Folio.

Ce problème, de savoir quelle décoration correspond à mon moi profond, à l'image que j'aimerai renvoyer à mes hôtes, je me le pose depuis plusieurs années, bien avant que les émissions dominicales de décoration deviennent incontournables, incapable de choisir entre deux photos.

Suis-je :




Ou plutôt:

Tu remarqueras au passage une petite ressemblance entre ces 2 clichés.

Admettons que je choisisse Brel, Brassens et Ferré, c'est l'assurance de ne pas tomber dans une certaine originalité qui pourrait effrayer une rencontre d'un soir. Cela garantit à coups sûrs que nous sommes chez quelqu'un qui a un certain goût pour les lettres, pour la langue française, pour les mots, pour la discussion. On imagine bien la photographie encadrée au dessus d'une cheminée, l'accordéon posé dans un coin, les bouteilles de vin dans un autre. On a envie de s'asseoir. De taper le carton ou de faire un scrabble. On se sent chez soi.

Mais c'est aussi ouvertement dire à l'invité qu'il ne trouvera aucune extravagance en ces lieux mis à part ton chat qui louche à qui tu as donné le nom de Georges ou un truc comme ça. En d'autres termes c'est avouer que tu n'es pas ce genre de type qui couche le premier soir. Ton truc à toi, c'est le contact humain. Tu préfères d'abord parler autour d'un bon verre jusqu'au bout de la nuit, écouter un peu de musique, frôler une main, un genou, faire connaissance, quoi, et cacher honteusement que tu n'as pas vu une fille nue depuis au moins 2 ans. Mais bon, au moins chez toi, on s'y sent bien, on aime ta complicité, ton mode de vie (car oui, tu tries tes ordures et tu manges bio).

Tout le contraire de la seconde photographie qui met en avant ton côté rock and roll, un peu excessif du type qui sait que s'il ramène une fille à la maison c'est que ce n'est pas pour discuter poésie. Tu sens la sueur mais tu t'en fous. Le vin remplace la bière et les trois cendriers qui sont posés sur la table basse, jonchée de vieux Rock and Folk et d'un bouquin en anglais sur Dylan, débordent de cendres et de mégots. En outre, juste en dessous de cette photo, on découvre une superbe platine vinyle assez vintage, à côté de laquelle seraient religieusement classés les éditions originales de Bowie, des Stooges, de Led Zep, de Lou Reed et du Velvet.

Que choisir alors? Suis-je le genre de type qui porte des chaussons et passe ses soirées en robe de chambre à écrire, discuter en dégustant du vin de qualité? Ou suis-je ce type qui descend une bouteille de Glenlivet en écoutant The Quine Tapes et qui ramène des conquêtes d'un soir ?

Putain, c'est sûr, j'aurai du choisir Techtonik...

lundi 10 décembre 2007

20 groupes qui n'existent pas avec 20 albums qui n'existent pas non plus

Hier soir, du côté du bon blog de Food For Your Ears, une notule recensait 20 noms de groupes inventés claquants et clinquants. Mono maniaque de la liste, je n'ai pu résister à l'envie de proposer ma petite sélection de groupes ou de chanteurs qui n'existent pas, mais dont tu t'empresserais d'acheter le cd sitôt la hype lancée par les Inrocks qui disent que c'est bien que c'est un truc qui se passe en ce moment sur le net, qu'il y a un gros buzz, que c'est le moment d'écouter avant que ça devienne ringard... bref, on s'amuse comme on peut aussi le lundi soir.

Shake your head, touch your knees, move your hand and say « alala » - lp #1
(un disque bourré d'énergie, véritable machine à danser aux tubes imparables)

??? - Azertyuiop
(Véritable sensation de la scène underground New Yorkaise, les ??? sont le blitzkrieg du dancefloor en passant à la moulinette de beats improbables le funk le plus péchu et le punk le plus énergique )

Yann M.. – Elle faisait des cœurs sur ses ‘i’ et lisait Henri Troyat
(Après un simple "L'odeur de la colle Cléopâtre" remarqué, Yann M.. revient avec un album "doucement amer" sur les amours perdues, l'errance quotidienne et le mal être moderne. Le renouveau de la nouvelle scène française!)

Not Seen on The Radio – Relaxin’ muscles
(David Bowie ne s'est pas trompé en disant : "c'est la chose la plus surprenante que j'ai entendue depuis des années", les guitares y sont maltraitées, les chansons déstructurées, on crie, on pleure, on souffre le tout dans un chaos sonore duquel sortira forcément une renaissance)

David GatoOne more time again
(Le champion de l'électro-house revient avec un nouvel album plus adulte)

I’m not your fatherPlay with your sister
(Qui a dit que la disco était morte? Pas les I'm not your father...)

Jack Pepito - Alone
(Tout seul avec son synthé Roland, Jack Pepito rappelle les premiers Babybird, le cynisme en moins)

Minitel - Electrocadero
(Produit par l'increvable Dj Orgasmic, avec la participation de Teki Latex, du hip-electro-hop qui parle de cul avec le coeur)

Life in Technicolor – Shinin’ in the rain
(Une chorale de 254 personnes qui chantent des reprises de Ace of Base! Incroyable!)

Onefingerin' Uranus- Lick your best friend’s sister
(Le renouveau du Hip Hop New-Yorkais, le flow hallucinant de Concella Gonzalès, 120 kg, des textes incisifs, et une présence scénique incroyable ont fait de ce groupe une référence incontrournable du genre)

The EastwoodsUnforgiven
(Avec leurs airs de ne rien y toucher, les Eastwoods font une pop énergique digne des Shins)

The Clumsy DollsWe are girls with guitar
(4 suédoises, 2 guitares, 1 boite à rythmes et 2 chanteuses qui ne mâchent pas leurs mots)

Stay Tuned – Mont Blanc
(Les français s'affirment davantage dans cet album et continuent leur électro angoissante et obsessionnelle)

Leonard Nimoy Band - First!
(Premier essai, premier coup de maître pour ces 4 frères texans qui, toute guitare dehors, font parler la poudre)

Free Downloading – This is not my music
(Attention: album concept : 3 mêmes chansons complètement barrées de 1min 17s)

The Best Rock and Roll Band ever aka B.2r.B.e – The Best Rock and Roll Lp ever
(Cuir, sueur, bière. Jouer vite et fort. Les B.2r.B.e. essaient de tenir les promesses de leur nom de scène et ils ne sont pas loin de les remplir...)

The end of the beginningSafe
(Après un E.P assez décevant car trop ampoulé, le groupe retrouve la fraîcheur et la sincérité de son premier album en accouchant de quelques titres electro pop parfaitement composés)

Ricky Lee and Lisa ShamIt’s true she was a man
(On croyait au début qu'ils étaient frère et soeur, puis amants, en fait, ils sont bien amants mais Lisa fut il y a quelques années un homme, d'où peut-être sa façon si particulière de manier le manche de guitare. Quant à Ricky Lee, son jeu minimaliste de batterie n'a pas changé depuis les premiers albums. Du rock épuré qui envoie la purée)

The 33 cm – Dans notre garage
(les petits punks parisiens prouvent, en 26 minutes, qu'on peut aussi faire du rock en France et en Français!)

Koko and Co. – Don’t feed the beast
(Ambiance MelodyNelsonnienne pour ce groupe anglais de Bristol qui croise savamment tous les genres pour produire un son réellement planant et totalement inédit)
nb : tous ces noms ont bien entendu été déposés

lundi 3 décembre 2007

30 films à faire découvrir à ta petite soeur

Film n°1 : Kiss contre les fantômes -Kiss meets the Phantom of the Park (1978)

Réalisé par Gordon Hessler à qui l'on doit L'Homme au Katana et quelques épisodes de Wonder Woman, Kiss contre les fantômes n'a pas eu les honneurs du grand écran et encore moins ceux d'être diffusé internationalement. Passé directement à la télévision américaine en Octobre 1978, il n'est réapparu que quelques années après en vhs. Le film est détesté, renié, spolié par ses créateurs, ses acteurs et les fans du groupe (il en existe).

L'histoire est celle de Charlie et Lee, deux tueurs à gages, envoyés dans une institution pour aveugles pour refroidir un certain Johnny North, qui à leur grand étonnement n'essaie même pas de leur échapper... ah, non merde, ça c'est le synopsis de A bout portant avec Lee Marvin.

Kiss contre les Fantômes, tu t'en doutes, c'est pas du Bergman. C'est produit par Hanna-Barbera et le film ressemble par conséquent à un épisode de Scooby-Doo live.
L'histoire met en scène le vrai groupe Kiss qui doit donner un concert dans un parc d'attraction. Cependant, quand le concepteur des cybernautes du lieu apprend qu'il doit partir à la retraite, il pète un peu les plombs et décide de capturer les quatre membres de Kiss pour les remplacer par des contrefaçons à boulons. Toutefois, les Kiss ne se sont pas du genre à se faire marcher sur les bottes en cuir et font appel à leurs supers pouvoirs : Star Child (Paul Stanley) envoie des rayons lasers avec ses yeux, The Demon (Gene Simmons) crache du feu...Bon d'accord, ça ne sert pas à grand chose, mais ça en jette et c'est un truc infaillible pour draguer les filles.

Réalisé n'importe comment, racontant n'importe quoi, joué comme du Clovis Cornillac, le film est un véritable chef d'oeuvre de l'à-peu-près qui ne demande même pas que l'on soit bourré pour le regarder.
C'est souvent très drôle (involontairement ou non), mais malgré ses 96 minutes d'on-ne-sait-pas-trop-ce-que-l'on-est-en-train-de-faire-mais-on-s'en-fout, le métrage souffre de quelques longueurs, toutefois rattrapées par son indéniable originalité (une légende dit que dans certains vidéoclubs américains, il y avait un rayon que l'on appelait "Kiss meets the Phantom of the Park section" où il n'y avait que cette vidéocassette).

Un film idéal donc pour commencer l'éducation cinématographique de ta petite soeur ou à défaut de ton chat...