vendredi 22 février 2008

C'est grave docteur?

Cette nuit, j'ai rêvé que j'assistais à un concert de Frank Black.

D'abord, la pénombre.
Une silhouette imposante sur scène.
Les premiers accords de Where is my mind?

Puis, NOIR TOTAL.

-----------------------------------------> l a m u s i q u e c o n t i n u e

Les lumières se rallument.
Une chambre. Ou une vieille maison. Au Texas, certainement.
Dans le sud des Etats Unis. AMERICA........hier, j'ai regardé Fargo.....
C'est plein de neige, pourtant......

C'EST TOUT BLANC FARGO

Je
ne comprends
pas

Frank Black est dans une baignoire.
NU.
Comme un vers. On voit ses bourrelets de graisse qui dépassent de la mousse de son bain.

Il
se
Lave.

Passe le gant sur ses épaules. ça mousse.
c'est normal. Il se lave.
Et il fredonne ses chansons, comme on pourrait le faire sous sa douche. ________________c'est du playback_____________________


Comme je le fais SOUS MA DOUCHE.
JE cHaNte sous ma Douche.

___________y'a un disque qui tourne derrière______________________


C O M M E T O U T L E M O N D E.

Merde, il faut que je prenne ma douche, moi aussi.


Pu_tain, JE SUIS EN RETARD!!!! J'ai même pas déjeuné.
Il est quelle heure?


-------------------------> LAMUSIQUECONTINUE

MM MMMM mmm MMM mmmm MMMMM mm MMM mmm mmmm

C'est le radio-réveil qui s'est allumé ?

?

"-c'est un putain de concert quand même, non? "
Pourquoi tu ne me réponds pas?
"-c'est le meilleur elcatceps auquel j'ai assisté"

J'ai envie de rire. Mais:
Je dors


Je suis peut-être en train de rire, non?
je ne suis peut-être pas en train de dormir, non?

-"Oh, pardon, je t'ai réveillée"

Traité de l'amour polisson par Jacques Granola

Extrait de la première préface dit "préface de 1971"

(...) De tous les temps, l'homme a toujours aimé. Que ce soit un être de sexe opposé, du même sexe ou même tout autre chose, l'homme tend vers des amours plurielles.
Qu'est-ce que l'amour au fond ? Une attirance, une pulsion, un sentiment?
Une histoire d'amour quand elle démarre se fait sur le mode de la magie et de l'énergie en mouvement. Or pour alimenter cette énergie, il faut l'entretenir comme un feu. Et le meilleur carburant pour l'amour, c'est in princeps le désir.

Le désir peut être amoureux mais aussi sexuel. Le désir transcende le sentiment amoureux et l'annihile. Dans la dialectique de l'amour, le désir fait de l'amour quant à sa destination suprême une chose du passée. Or c'est bien ce qui m'intéresse ici : le désir destructeur. On a beaucoup ergoté là-dessus. Et en lieu et place du terme peu laudatif de désir, j'aimerai parler aujourd'hui d'amour polisson. En forgeant ce concept d'amour polisson, j'entends un dépassement dialectique de l'amour qui aboutit à quelque chose de nouveau et qu'il va falloir définir.
L'amour véritable va associer raison et choix. L'amour polisson associera instinct et servitude. L'amour véritable va impliquer des actes volontaires, va exiger de la discipline. Tandis que l'amour polisson ne permet pas de décider de ses propres actes et nous fait dépendre de l'individu amoureux.

L'amour véritable reconnait le besoin du progrès personnel et il ne peut se mettre en place que lorsque l'amour polisson a disparu. L'amour véritable c'est répondre aux besoins de la personne aimée. Désirer son bien, son épanouissement et laisser l'autre nous aimer à son tour.L'amour polisson est un fourvoiement absolu dans le méandre des désirs les plus refoulés de l'individu amoureux.

L'amour véritable est un échange où chacun des partenaires donne le meilleur de lui-même à l'autre et reçoit la réciprocité. L'amour polisson est l'assujetissement d'un être à un autre être qui ne tend qu'à l'assouvissement de son propre désir.
Or le paradoxe est que l'amour polisson nous rend plus libre. Pourquoi? C'est ce à quoi je vais m'efforcer de répondre dans les pages qui suivent.

jeudi 21 février 2008

Conversations : episode 7


En soirée
Elle : Vous trouvez pas que ça pue en boîte depuis qu'on n'a plus le droit de fumer?
Sa copine: T'as raison, ça sent la sueur, le déo Ushuaïa, et les phéromones...
Moi : ça sent comme une classe de terminale après un contrôle de math de 4 heures, non?

Au café

Lui: J'ai un test à te faire..
Moi: Laisse tomber...
Lui: Non, mais tu vas voir, c'est marrant...
Moi: Généralement, quand tu dis ça, c'est mauvais signe.
Lui: Bon, t'es d'accord?
Moi: Allez, vas-y.
Lui: Bon, rassure-toi, c'est pas long...
Moi: Encore heureux.
Lui: Tu me laisses expliquer le truc oui ou... Bon. Ok. Je vais te dire des débuts de mots et toi, tu dois essayer de les terminer, d'accord?
Moi: Ouais, ouais.
Lui: Par exemple, si je te dis babaor. Tu me dis?
Moi : ...
Lui: Babaor? Alors?
Moi: ...
Lui: Baba au rhum! Tu me dis OM, ok? T'as compris?
Moi: Ah! d'accord...




Au téléphone

Mamie : Et alors, ton agrégation de philo?
Moi: ça fait trois ans que j'ai abandonné, mamie. C'est fini.
Mamie: Ah? Mais quand même. Et le capes, alors?
Moi: C'est pareil. Mais j'ai un métier maintenant, c'est bon.
Mamie: Oui, mais quand même, tu ne vas pas faire ça toute ta vie. Tu devrais essayer de repasser l'agrégation... ça serait mieux...



En soirée

Moi: Accompagné par deux filles, c'est quand même la classe.
Elle: Sauf que tu ne coucheras avec aucune des deux...
Moi: La soirée n'est pas finie...
Elle: Alors, là, tu rêves...



Au café (suite):

Lui: Bon, alors, t'as compris, c'est sûr?
Moi: Oui, oui.
Lui: Ok. On y va. Si je te dis linolé...
Moi : Om?
Lui: Oui, c'est ça. Tu vois, c'est pas compliqué. Linoléum. Allez maintenant, on essaie de le faire plus rapidement. Critèriiiiiii...
Moi: Om
Lui: Muséééééée...
Moi: Om
Lui: Ultimatttttteee...

Moi: Om
Lui: Prud'....
Moi: Om
Lui: Rhizzzzze
Moi: Om
Lui: La déclaration des droits delo....
Moi: Om
Lui: Putain , j'en étais sûr, t'es complètement gay!
Moi: Quoi?
Lui: T'es gay, cherche pas.
Moi: Quoi?
Lui: T'as pas compris?




Chez une amie devant l'ordinateur

Moi: je peux regarder un truc cinq minutes?
Elle : Ouais vas-y.
...
Moi: pas de commentaires, fait chier...
Elle: Quoi?

mardi 19 février 2008

Conversations : episode 6


Devant l'ordinateur


Elle: Encore?

Moi :Bah... ouais...

Elle: Tu sais que le trop est l'ennemi du bien?

Moi: Qui ça?

Elle: C'est bientôt prêt...

Moi: Ouais!

Elle: A table!

Moi : Ouais!

Après un petit quart d'heure

Elle : Tu vas manger froid, moi, j'ai déjà commencé, je m'en fous, c'est pour toi.

Moi: Oui, j'arrive

Encore 5 petites minutes

Elle : J'ai fini, maintenant, tu te débrouilles.

Moi: T'es pas ma mère.... (m'asseyant à table) Hmm, des pâtes froides, mon plat préféré...

Elle : T'es vraiment chiant.


A la librairie


Mon libraire: Chouing!

Moi : Quoi?

Lui : Chouing! Là-bas, la fille qui a un Platon dans les mains...

Moi: Elle est jolie, c'est vrai...

Lui : Tu déconnes! Je boirais bien l'eau de son bain...

Moi : Les filles en philo, c'est vraiment anti-aristotélicien.

Lui: Quoi?

Moi: Bah ouais, y'a pas de juste milieu, soit elles sont super belles, soit non. Pas de juste milieu, je te dis.

Lui: T'es déjà allé faire un tour du côté du rayon des sciences?


En soirée

Moi: Et t'écoutes quoi sinon en musique?

Elle : En ce moment, je suis dans les Beatles...

Moi: Ah, ouais! Tu écoutes quel album?

Elle : Le best-of...

Moi: Ah.


Chez mon boucher

Lui: Ca se refroidit, on dirait.

Moi: Oui.

Silence

Lui: ...

re-silence

Lui: 162g. Y'a un peu plus, je laisse?


Devant l'ordinateur

Elle : Tu l'as pas déjà fait le truc avec le boucher?

Moi: Nan, c'était avec la boulangère.

Elle: Bah, c'est pareil.

Moi: ça pas été une journée facile, ce jour-là.


vendredi 15 février 2008

Puke par Jacques Granola

Tout cela avait commencé comme une mauvaise blague. On n’avait pas d’argent, on n’avait pas de boulot alors on s’est dit que ça pouvait être une bonne idée. Au début, on voulait capitaliser sur la misère sentimentale des gens. C'était un business comme un autre. Plus ils étaient seuls et malheureux, plus ils correspondaient à notre type de client idéal. Et puis ce que l’on n'avait pas prévu, c’est qu’il y a beaucoup de personnes seules. Tout le monde s'est alors mis à en parler, on est passé à la télé, à la radio, on a reçu des coups de téléphone de personnes importantes qui nous tutoyer et nous parler en kilo euros ou je-ne-sais-quoi. Les visites sur notre site croissaient de jour en jour. Vous ouvriez un journal, vous tombiez inévitablement sur l'une de nos annonces. Nos affiches étaient collées sur tous les murs. Nos slogans étaient dans toutes les têtes.
Et c’est devenu ce que tout le monde connaît maintenant.

Je m’appelle Tom Vivet et je suis l’inventeur de Copain-Minute™ .

Avec Copain-Minute™ , tu n’iras plus jamais seul au ciné, tu ne sortiras plus jamais seul en boîte ou en soirée, tu ne passeras plus un réveillon, un jour d'anniversaire, une remise de dipôme, seul. Quoique tu fasses, ou que tu ailles, il y aura toujours un Copain-Minute™ pour toi. A choisir parmi une gamme élaborée et finement sélectionnée de profils personnalisés. L’ami rigolo, l’ami attentif, l’ami confident, l'ami intello, l'ami cuistot. Mâle ou femelle. Beau ou laid. Grand ou petit. Jeune ou vieux. Riche ou pauvre. Un large choix et une satisfaction garantie.

A la fin, on n’avait même plus besoin de faire de la pub. Les gens nous connaissaient. Ils savaient où appeler.

Notre produit star ? Le copain petit au physique quelconque. Les beaux n’ont jamais eu de succès parmi notre clientèle mâle d’orientation hétérosexuelle. Ce que les hommes seuls cherchent : c’est avant tout un copain pas trop beau, pas trop intelligent qui les mette en valeur et leur permette de passer pour un homme au physique plus agréable. Ce qu’ils cherchent, c'est un homme qui leur soit inférieur, qui ne soit pas tant leur ami mais un accessoire de plus pour pouvoir séduire une femme. Entre un petit moche pas trop con, et un type assez normal, il y a des chances, se disent-ils, pour que la fille choisisse le mec assez normal. Mais parfois, elles choisissent le nôtre. C’est pour dire si nos produits sont de qualité. Néanmoins la consigne était claire, sur le temps de Copain-Minute™ , tant que tu es en location, tu dois rester avec le client. Pas question de sauter sur la première fille qui te cligne de l’œil.

Les choses ont toujours été très claires là-dessus. Nous avions une éthique irréprochable. Nos produits n’étaient que des copains de substitution. Jamais de sexe. Jamais de contact trop physique. Une poignée de mains à la limite.

C’était la même chose avec les filles.
Au début, j’avais refusé que Copain-Minute™ propose des amis de substitution féminins. Certains mecs auraient tout de suite cru qu’ils pouvaient se les taper. Et ce n’est pas la clientèle que nous souhaitions avoir. Aujourd’hui les règles sont simples, nous avons un catalogue d’amies de substitution réservées à la clientèle féminine. Nous en avons un autre pour la clientèle masculine. Mais, si un homme souhaite une amie de substitution, vous devez le savoir, il faut remplir un dossier, il y a des conditions. Disons que sur 100 demandes d’hommes souhaitant une relation amicale avec une femme de notre catalogue, seulement une dizaine voient leur requête aboutir. Il faut remplir correctement le dossier et correspondre à notre profil clientèle. C’est tout. Le prix est plus élevé que pour un copain homme. C’est vrai aussi. Mais tous nos clients ont toujours été satisfaits.
C'est notre priorité. Vous apporter la qualité. Mais je n'ai pas besoin de faire un autre discours là-dessus. Vous savez ce que nous valons, vous nous faîtes confiance, vous nous connaissez parfaitement. Le problème est que si la situation est telle aujourd'hui, je me dis que c'est un peu notre faute. Ai-je tort? Allez, regardez un peu autour de vous. Depuis combien de temps n'avez-vous pas eu un véritable ami ? Honnêtement. La dernière fois que vous êtes sorti, vous avez fait appel à nos services. Je me trompe? Ouvrez votre carnet d'adresses. Ce ne sont que des références de nos catalogues. Non? Vous vous êtes peu à peu éloigné de vos propres amis et vos amis ont fait de même. Chacun lui préférant un Copain-Minute™ . Ce n'est pas votre faute. Comme je vous le disais tout à l'heure, nous sommes les meilleurs. Nous sommes les seuls sur le marché.

(à suivre)

Retour à la vie par Jacques Granola

Eric tapait sur sa machine à écrire comme un pianiste joue du piano. Ses doigts allaient et venaient sur les touches qui marquaient des lettres. Les lettres mises bout à bout formaient des mots. Les mots, les uns après les autres formaient des phrases. Et ces phrases : une histoire. Son histoire à lui.

La littérature lui redonnait goût à la vie. Ce fut pour lui une seconde naissance malgré qu'il avait eu son accident quasi mortel qui avait failli lui couter la vie. Les médecins n'avaient pas été très optimistes, tout au plus pouvait-il finir sa vie comme un légume mais le destin en avait voulu autrement et avait eu son mot à dire, il avait dit : "non, Eric, tu dois vivre" et Eric était plus fort que la mort car il l'avait vaincue et était revenu parmi les vivants avec la force d'un jeune homme guidé par une main mystérieuse qui est la littérature.

Dans son coma, il avait eu une révélation. La littérature c'est la vie. Cette idée lui était apparue comme une vérité indéniable, absolue, transcendantale. Il en était persuadé. La littérature lui donnait un sens, un chemin à suivre, c'était un guide spirituel. Elle était la clé de voute de la vie des hommes. L'existence n'avait de sens que pour et par la littérature. Tel était, selon lui, l'essence de l'existence. Certes, les chirurgiens l'avaient soigné comme ils avaient pu. Ses mains étaient moins habiles qu'avant, elles n'avaient plus la précision de celles d'un horloger mais le fait de ne posséder que deux doigts ne l'empêchaient guère de construire des phrases complexes comme Proust. Il voulait écrire, ça c'est sûr. Ecrire. Ecrire. Son histoire. Sa vie.
Il voulait être maître et acteur de son destin.

Cette nuit du 6 aôut 1993, il ne l'oublierait jamais quand il avait percuté en rentrant d'un pot un peu trop arrosé en revenant du bureau où il travaillait à mi-temps, ces deux jeunes filles, des gamines insouciantes, dont la jeunesse leur avait empêchées d'être matûres. Fondues dans le noir. Dans l'obscurité de la vie. Que faisaient-elles à cette heure dehors? Sans lumières, sans gilet fluorescent, il ne les avait pas vu et ce malgré que c'était un conducteur averti. Il s'en voulait encore. C'est certain. Mais la litérature était là. Elle allait l'aider à surmonter cette épreuve. Elle allait faire vivre à nouveau Jenny et Kelly. Il allait leur redonner la vie grâce à son écriture. Ses doigts allaient et venaient sur les touches de sa machine à écrire.
Il tapait le titre de son histoire : Retour à la vie.

mercredi 13 février 2008

Conversations : episode 5


Dans la rue

Lui: Tiens, j'ai lu tes trucs hier en rentrant...


Moi: Ah ouais? Et t'en as pensé quoi?


Lui: Bah, tu sais, j'ai regardé rapidement. J'aime pas quand tu dis des trucs sur le lecteur de Télérama. J'ai toujours l'impression que tu parles de moi.


Moi: Non. C'est pas toi.


Lui : Et c'est quoi au juste le F.F.C.? J'ai cherché sur Google, et je suis tombé sur la Fédération Française de Cuniculiculture...


Moi: Ah! Merde! Patron de sapin!


Au téléphone


Moi: Pamela, c'est toi, non?


Lui: Bah, non.


Moi: Putain, c'est qui?




Chez un ami


Moi: Ils sont cools tes rideaux!


Lui: Ouais, je les ai piqués sur le plateau de SoeurThérèse.com


Moi: Sans déconner?


Au téléphone


Elle: Je te réveille?


Moi: Non, ça va... j'ai mal dormi, c'est tout.


Elle: T'es malade?


Moi: Naaan. Hier, j'ai regardé le film avec Béatrice Dalle qui veut prendre le bébé à la soeur de Vanessa Paradis... alors elle lui enfonce un ciseau dans le nombril, c'est déguelasse et...


Elle: Je croyais que tu bossais hier soir?


Moi: Je m'octroyais une pause...


Elle: T'as bossé après?


Moi: Bah, en fait, après j'avais besoin de me détendre, alors j'ai regardé les 3 Pusher...


Elle: Bah, bravo.


Moi: Et toi?


Elle: Moi? Je me suis fait chier devant Pékin Express. T'aurais pu m'appeler.


Moi: Je croyais que j'allais bosser.

mardi 12 février 2008

Jean François Braquemart, héros moderne par Jacques Granola

Il y a quelques temps, je pensais avoir fait le tour de mon célèbre personnage de polar et d'histoire d'aventure : Steve Braquemart. Alors pour renouveller le genre, je lui ai inventé (c'est ça aussi la magie de l'imagination d'un écrivain) un fils. Jean-François Braquemart. Comme son père, Jean-François est flic. Dans sa première aventure, il essaie de coincer une bande de dealers de drogue en se faisant passer pour l'un deux. Dans le jargon de flic, on dit qu'il s'inflitre dans le milieu.Parce qu'il ne veut pas entâché les exploits de services de son père et parce qu'il prend son travail très au sérieux et qu'il veut être totalement crédible, Jean-François se met à la coke et à l'héroine. Malheureusement, il devient très vite accro et sombre dans la déchéance. Drogué, ruiné, usé, Jean-François devient comme ceux qu'il voulait mettre au trou : un junky. Averti de ces faits, son père, Steve, revient d'une mission à l'étranger pour l'aider.
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Chapitre 16

Allongé sur le canapé en cuir blanc de son salon, Jean-François cherchait d'une main tremblante de quoi se préparer un nouveau fix. Il attrapa l'élastique posé sur l'accoudoir et se l'enroula autour de son bras velu mais fit tomber la boite en métal qui contenait un coton imbibé d'alcool et une seringue.
-"Sa race!" lâcha-t-il, colérique.

Soudain, on sonna à la porte d'entrée. Mais Jean-François ne bougea pas bien qu'il ait entendu le carillon retentir. On sonna à nouveau, puis on tapa violemment à la porte. Mais Jean-François ne répondait toujours pas, non pas qu'il n'avait toujours pas entendu mais il était ailleurs, il était encore dans ses paradis artificiels, dans les bras maigres et mortels de la drogue. La porte fut enfoncée comme une vieille pute vietnamienne dans un vacarme de tous les diables.

-Jean-François, Jean-François!!! hurlait une voix rauque et sûre d'elle.
Jean-François émit un petit cri aigu semblable à celui d'un chien mourant ou tout du moins à celui d'un chien sur lequel on aurait marché sur la queue.
-Nom de dieu de bordel de merde! Fiston, que t'arrive-t-il? demanda inquisiteur le célèbre Steve Braquemart bien connu de tous.
-J'ai merdé, papa, j'ai merdé, dit timidement le fils honteux
-Comment ça? Que s'est-il passé? renchérit le père, et découvrant les bras piqués et bleus de son fils, il s'empressa d'ajouter:
-Et qu'est-ce que c'est que cette merde? Non? Pas toi, Jean-François! Ne me dis pas... Non. Pas toi, je t'en pris. Ne me dis pas que tu as plongé dans cette saloperie.
-Tout a foiré, coupa Jean-François, c'est un échec total!
Et il se mit à pleurer.
-Explique-moi, je peux comprendre mon fils. Je suis ton père, Jef.
-Tu ne m'as plus appelé Jef depuis mes 11 ans, p'pa.Et Jean-François savait qu'en disant cela son père voulait simplement lui dire : Je t'aime.
-Je voulais coincer la bande d'Eddy le Rital, alors pour en faire partie, je me suis mis à la came comme eux, mais la came a été plus forte que moi...
-Les salauds! hurla Steve, ils t'ont eu en beauté. Ils avaient tout prévu! Ils sont plus futés que je ne le pensais. Qu'est-ce qu'Eddy t'a dit?
-Je ne l'ai jamais vu, papa, c'est Rachid un mec de banlieue, un peu louche, sans doute un de ses sbires qui me fournit la poudre. Au début, je la prenais dans les scellés de la maison, dans l'armoire à preuves... comme tout le monde, mais cela ne menait à rien. Il fallait que je remonte à la source. Et celle du bureau était si mal coupée. Au début, j'agissais undercover et quand ils ont tout découvert au poste,ils n'ont pas compris mon stratagème. J'étais devenu une racaille comme ceux que je poursuivais. Alors, ça on m'a gueulé dessus et le chef m'a viré sur le champ. Mais je croyais que c'était pour le jeu au cas où il y avait une taupe ou des micros. Ca fait plus d'un mois maintenant. Je n'ai plus rien, j'ai tout perdu, papa. Toute ma thune est passée dedans.
-C'est balot, fiston, je... Et ce Mohamed?
-Rachid, tu veux dire? J'sais pas... Je ne tombe que sur son répondeur. Je lui dois du fric, à lui aussi...
Jean-François fit une courte pause.
-Papa, j'ai mal...Et Jean-François fondit en larmes comme une bougie.
-On va venir à bout de cette merde, crois-moi, tu vas être fort, fiston, relève-toi, je vais te faire couler un bon bain chaud, comme au bon vieux temps
-Merci Papa dit Jean-François des larmes de bonheur plein les yeux-On va la battre cette saloperie et après on ira cueillir Rachid et le Rital, je te le promets, promit Steve.
-Papa... ? demanda timidement Jean-François
-Oui, Jean-François? répondit Steve qui savait que quand son père l'appelait par son prénom, cela voulait dire aussi quelque chose de fort.
-Je m'excuse...
-Non, Jean-François, on ne dit pas je m'excuse, mais excuse-moi, c'est plus correct en français dit Steve en souriant, laissant la blancheur de sa dentition parfaite envahir la pièce d'une douce lumière rassurante.
-Excuse-moi, papa... s'aventura Jean-François.
-Je t'excuse, mon fils, tu es ma chair, tu es mon sang, je serai toujours là pour toi. Quoiqu'il arrive
-Je pense à maman, papa, elle...
-Chhhut, c'est bon mon petit. J'ai compris, coupa brutalement le paternel. On va finir ce que tu as commencé! assura Steve, J'en fais le serment. Parole de Braquemart.

Et ils rirent tous les deux, longuement, avec joie et plaisir comme un père qui retrouve son fils aimé, comme quand Jean-François n'était qu'un enfant qui faisait ses premiers pas dans l'aventure peu rassurante de la vie humaine.

Tits or destiny?

Des vrais et bons films rock, ça se compte sur les 6 cordes d'une guitare.

Passé totalement inaperçu l'été dernier, sorti uniquement dans quelques salles parisiennes ignoré par les bobos métrosexuels qui écoutent Muse et qui de toute façon ont préféré aller voir Die Hard 4, Tenacious D and The Pick of Destiny sort enfin en dvd. Et il est temps de réparer l'injustice la plus honteuse en fonçant au plus vite acheter au supermarché ou même dans ta Fnac si peu accueillante, ce film qui est, et j'exagère à peine, le plus drôle et le plus rock de tous les temps.

Deux loosers, JB (Jack Black) et KG (Kyle Gass), membres fondateurs du groupe Tenacious D, décident, pour payer leur loyer et accessoirement devenir le meilleur groupe rock du monde, de partir à la recherche du Pick of Destiny, c'est-à-dire d'un mediator fait à partir d'une dent du diable que tous les plus célèbres guitaristes de rock ont, un jour, possédé.

D'une énergie incroyable, Jack Black fait l'acteur comme Arcade Fire fait de la musique sur scène (c'est-à-dire comme si sa vie en dépendait et qu'il allait mourir dans la minute), bourré de jeux de mots pourris à base de fuck et de cock (tu apprendras entre autre que faire une pompe de bite par jour peut te sauver la vie) et surtout doté d'une bande son électrique, jouissive et totalement fendante (bien meilleure que celle du daté et décevant Rocky Horror Picture Show et du très drôle This is Spinal Tap), le film est éxécuté aussi parfaitement qu'un riff de guitare d'AC/DC donnant ainsi l'impression que la pélicule du film risque à tout moment d'exploser.
Le film est en outre d'une honnêteté confondante et met directement en avant la passion de Jack Black et Kyle Gass pour le rock, ses icônes et toute son imagerie. Le tout parfaitement digéré par les deux geeks. Ils en ont parfaitement compris le sens et en respectent religieusement l'héritage.

Et puis deux cerises sur le space cake, l'apparition de Ben Stiller en vendeur de guitare qui m'a fait recracher mon verre de vin par les trous de nez (faut jamais rire en buvant quelque chose) et la scène finale où nos deux héros livrent un combat de rock avec le diable en personne (mais en fait c'est Dave Grohl) qui, à elle seule, mérite la vision du film.

Mais, bon, si tu préfères te mater le film de U2... je peux rien pour toi.

lundi 11 février 2008

Au fond du trou par Jacques Granola

Au fond du trou (extrait du chapitre 15)

Bonne année à tous et à toutes. Voici, pour bien commencer ce difficile mois de janvier, un extrait d'une de mes histoires qui se passe en 1914 pendant la grande guerre. Une histoire d'amour sur fond de drame humain. Certains de mes amis me disent que cela ressemble à une certaine Céline, mais je ne connais pas cette grande auteure française. Tout ce que vous lirez ci-dessous, ce n'est que moi, simplement moi, Jacques G.




Luc Devraux sentait le froid passé au travers de sa petite laine. La boue, la pluie, l'odeur pestilentielle l'empêchait de dormir. Un rat remonta le long de sa jambe, il le chassa mécaniquement.
24 décembre 1916
Seul. Encore un Noel seul. Cette sale guerre l'avait rendu orphelin. Sa famille et sa nation semblaient l'avoir abandonné. Au loin, on entendait les boches qui riaient. Eux, ils s'amusaient ou alors ils le faisaient croire pour dégouter les français. Ils ne dormaient jamais. Ils narguaient les français de loin...
Le chef Blanchard donna un coup de pied dans les côtes de Devraux ce qui lui coupa sa repsiration.
-Debout Devraux, dit-il de sa voix de baryton, j'ai une mission pour vous!
-Une mission, répondit Luc à demi éveillé.
-Une mission renchérit le chef
-Pour moi? questionna-t-il
-Pour vous! Allez debout!
Luc était trempé de la tête au pied. Il avait toujours aussi froid. Il n'y a pas de chauffage dans ces sales tranchées, juste la mort et le désepsoir. Le malheur et le face noire de l'âme humaine.
-Quelle est ma mission chef? demanda timidement Luc
-Hé bien, Bleubite (Luc n'aimait pas qu'on l'appelle ainsi), il y a deux corps de nos gars dans le no man's land à 160 m de notre poste, vous les ramèrez ici.
-Mais enfin, chef, Letallec y est allé avant moi et on a bien vu ce que cela a donné, en voulant ramener le corps de Brieut, il s'est fait tirer comme un lapin.
-Vous discutez mes ordres?
-Non, c'est juste que j'en ai marre de tous ces morts pour rien. Il y a trop de cadavres. Ce n'est pas juste
-Qu'est-ce qui est juste, hurla le commandant. Cette guerre est-elle juste? Réveillez-vous bon sang de bois, ne croyez vous pas que moi aussi, j'en ai ma claque de toute cette violence, de toute cette sale guerre! On est comme des bêtes sauvages prêtes à bondir sur le moindre animal sans défense. Comme si on était tous attirés par l'odeur du sang. JUSTE? Mais la vie n'est pas juste, mon garçon, ce n'est que violence, chaos et destruction.
- Chef, je veux bien ramener la dépouille de nos gars, pour vous, pour nous, parce que c'est Noel mais je ne veux pas mourir.
-Mais, tu ne vas pas mourir, bleubite, ton heure n'a pas encore sonné.
Soudain, il se mit à neiger. Luc Devraux prit son sac et son fusil, regarda une dernière fois le chef droit dans les yeux et alla affronter son destin en cette nuit de Noel 1916.

Extrait de : Couple recherche couple pour jeux coquins par Jacques Granola

Il m'arrive de temps en temps, lors de soirées en amoureux avec ma tendre et douce de lui écrire quelques histoires érotiques et sensuelles que je le lui lis une bouteille de vin débouchée devant la cheminée. Ces histoires sont évidemment pour adultes. Elles ne sont pas vulgaires, elles s'inscrivent dans un courant littéraire tout à fait noble : les histoires polissonnes. Alors, si tout cela ne vous intéresse pas, si vous avez peur d'être choqué, passez votre chemin pour ce soir.

Extrait de : Couple recherche couple pour jeux coquins

Pour Sylvie

Chapitre 9

(...) François sentait maintenant la bouche tiède de Mireille qui s'aventurait sur tout son corps. Elle donnait des petits coups de langue rapide sur ses tétons qui durcissaient peu à peu. Mireille n'était pas complètement nue. Elle avait gardé ses sous vêtements en dentelle noire et ses talons aiguilles. Ses seins étaient sortis de son soutien gorge et pendaient au dehors. François les malaxaient avec tendresse.

Mireille se tourna complètement et offrit son séant à François. Il sentit la chaleur de son cul sur son visage. Elle continuait de lui embrasser le bas ventre.
François commença à lui caresser ses fesses fermes, délicatement séparé par la ficelle de son string noir. Il les lui mordit. Il voulait les manger toutes crues.
Mireille continuait à explorer l'entrejambe de François. Elle lui ôta son slip blanc et le prit en bouche. François lâcha d'une voix douce mais suave:
-Ah, continue, c'est bon....
Et Mireille répondit:
-A E p?
-Pardon? interrogea François. Elle se retourna, le regarda droit dans les yeux et lui redit en souriant:
-ça te plaît
-Oh, oui, mon amour, continue. Je t'aime. Je voudrais que cet instant ne s'arrête jamais.
-Moi, non plus. Cet instant est magique continua Mireille
-Oui, dit François, nous ne faisons plus qu'un. un seul corps. Deux êtres. Un amour.
Et il ajouta:
-Continue, ne t'arrête pas.

Il écarta ensuite la ficelle du string de Mireille et enfouit son visage dans ce coussin de chair.
-Ta moustache me pique un peu dit-elle

Mais à ce même moment, ils jouirent tous les deux et se mirent à pleurer.

-Quel beau moment fit-il remarquer
-Oui, répondit-elle, avec toi, c'est différent, c'est tendre, je me sens femme
-Et avec toi, je me sens Homme
-Je t'aime dit-elle
-Je t'aime aussi, dit-il, je t'aime comme ma femme.

******C'est coquin, non?
Si cela vous choque trop, amis lecteurs, je le retire de suite. Mais, bon en tant qu'écrivain, je touche à tous les genres.
Bonne soirée à vous tous.*******
J.G

Conversations : episode 4

Au téléphone
Lui : Dans le Télérama, ils disent que c'est nul. C'est violent, bête et facho.

Moi: Et Libé?

Lui: Aussi.

Moi: Même les Cahiers?

Lui: Oui, donc tu vois ça doit être vraiment nul. Même Studio, ils aiment pas. C'est pour dire.

Moi: On ne va pas le voir alors?

Lui: Non, j'ai pas envie de perdre mon temps devant des débilités. Le cinéma, c'est fait pour se poser de vraies questions et réfléchir. De toute façon si tout le monde dit que c'est nul, c'est que ça doit être nul. C'est tout.

Moi: Ah? D'accord.


En disco-club

Elle: T'es vraiment marrant

Moi: T'es vraiment bonne

Elle: T'es vraiment con


En colocation éphémère

Lui: Il y a un match ce soir...

Moi: Oui. Et...

Lui: Bah, y'a un match, c'est tout. Je regarde.

Moi: Mais, je t'avais dit que je voulais voir le Kurosawa sur le câble...

Lui: Ce sera Anelka


A la boulangerie

Elle: Alors, on a passé un bon week end?

Moi: Oui.

(silence)

Elle:...

(silence)

Elle: 95 cts, s'il vous plaît.... Merci, à demain

Moi: A demain.



Au café

Lui: T'imagines? Pendant un mois, un type qui regarde 24h sur 24 du porno sur internet ou en dvd un peu comme le mec qui a bouffé McDo tous les jours pendant des semaines, le matin, le midi et le soir.

Moi: Et...

Lui: Et bien, là ce sera exactement pareil. Ché pas, genre le type se lève et pan! il mate un porno. Il se fait son petit dej' -tranquille- il se douche et hop, il s'en remate un. Comme ça, pendant toute la journée. A la fin, ça finirait bien par avoir un impact sur son cerveau. Tu crois pas?

Moi: Du genre?

Lui: Du genre... il n'arrive plus à faire la différence entre la réalité et les trucs qu'ils matent. Genre, il voit une fille et il s'imagine qu'aussitôt... Ou alors, ça ne lui fait plus rien du tout.

Moi: T'es dingue!

Lui : Mais, non, il faut se placer dans une optique scientifique. Sinon tu comprends pas.

dimanche 10 février 2008

Live for nothing, die for something...

Il est souvent difficile pour un lecteur de Télérama de ranger ses préjugés dans sa poche et d'aller au ciné les yeux débarassés du voile de l'ignorance crasse des critiques dudit quotidien télé.
Ainsi on ne verra jamais un de ses fidèles abonnés apprécier à sa juste valeur un bon actioner bourrin, décompléxé, totalement jouissif et foncièrement honnête. Je veux bien entendu parler du défoulatoire John Rambo.

Exception faite toutefois pour Rocky Balboa qui sous prétexte de hype nationale s'est vu gratifier d'une critique honorifique, certes justifiée, mais au fond tout à fait malhonnête.
Il n'est pas si étonnant que Stallone reprenne une à une ses icônes glorieuses des eighties. Ce n'est pas seulement, comme on pourrait le penser, une démarche marketing opportuniste. Stallone, contrairement à Schwarzenegger, a toujours été un corps du passé, profondément marqué par la souffrance et la faiblesse humaine. Il est donc vraisemblablement logique qu'à la fin d'une carrière quelque peu chaotique, il se retourne une dernière fois en arrière pour regarder les traces de son passé.
Dans la majorité de ses films, Sly est en effet corps du passé: dans le premier Rambo, c'est un corps parsemé de cicatrices, rapeux, rêche que la guerre n'a pas épargné et qui ne peut s'intégrer dans une société lisse et conformiste. Même dans Demolition Man qui se passe dans un futur proche, Stallone est encore corps du passé : corps cryogénisé, qui ne peut s'adapter à cette nouvelle société. Schwarzi, de son côté, c'est véritablement le corps du futur, sans expression, sans aucune marque d'humanité. C'est une machine (Terminator) qui n'a pas sa place dans le temps présent (Total Recall, A l'Aube du 6ème jour) ou dans la réalité (Last Action Hero, Hercule à New York).

Il n'est pas donc pas surprenant que le Terminator ait stoppé sa carrière cinématographique (beaucoup moins intéressante que celle de Stallone) pour essayer de trouver sa place dans la sphère politique, sphère dans laquelle, cependant, ce corps ne peut toujours pas être en adéquation avec le temps présent et les préoccupations des autres corps véritablement humains.
Au contraire, Stallone, lui, est profondément humain. Il suffit de lire les derniers titres de ses oeuvres qui ne sont qu'un nom et un prénom. Stallone est homme.

Toutefois, John Rambo s'inscrit dans une démarche radicalement différente de celle de Rocky Balboa qui regardait le passé droit dans les yeux en se faisant mettre chaos à chaque premier round et voulait rendre humain ce que la machine hollywoodienne avait broyé, mâché et recraché.
Le nouveau Rambo est un bel hommage aux films d'action des années 80. Il s'agit probablement de l'un des métrages les plus violents, les plus gores qui soient sortis ces dernières années au cinéma. Mais la violence que Stallone met en image dans ce quatrième opus est l'exacte opposée de celle des deux derniers Rambo. C'est froid, sec, animal. Les corps souffrent, explosent. Ils sont mutilés, déchiquetés, compressés, troués, évidés, découpés.

C'est vrai que parfois, cela ressemble à un bon gros Z italien des années 80 car le principal écueil du film est que Stallone n'a pas grand chose à dire (Rambo est d'ailleurs souvent mutique). Mais, pour remédier à ce manque flagrant de scénario, il soigne sa mise en scène et offre une lisibilité quasi parfaite de l'action en multipliant les plans larges. Le découpage, le montage et la mise en scène donnent ainsi l'occasion de voir des scènes totalement jouissives qui provoquent chez le spectateur qui ne lit pas Télérama l'envie de sauter dans son fauteuil et de faire la bagarre en sortant de la salle. Le principal atout du film est sans conteste sa grande honnêteté.
Mais tout cela serait bien futile sans la présence de Stallone à l'écran dont le corps imposant est devenu avec le temps absolument passionant. Le visage de Sly est une carte de la souffrance parcourue de cicatrices. Inutile par conséquent de lui donner la parole, ses traits disent tout.

D'ailleurs, dans le dernier plan du film, le plus intéressant et aussi le plus émouvant, Stallone, toujours sans dire une seule phrase, donne véritablement à voir, avec simplement un geste ou un regard, toute la souffrance de son corps incapable d'avancer, toujours obligé de regarder en arrière qui hurle le temps de quelques plans : "je suis nostalgie, je suis mélancolie".
Vivement Rambo V.