samedi 23 mai 2009

Le club du danger: Episode 3


Previously on : Le club du danger

Bart': Quelle aventure, les amis! Nous voilà partis sur la route du plus grand auteur chilien pour ramener une mèche de ses cheveux afin de le cloner et de lui poser des questions sur son oeuvre...

Pedro : MADRID, nous voilà !!

Belane : Je connais un type, pas loin d’ici, un vrai fêlé, peut-être qu’il sera capable de vous aider.

Belane : Messieurs, laissez moi vous présenter le célèbre Professeur Emmanuel Bourdaud !

Manu : ...ce n’est pas le fait que vous vouliez ressusciter l’auteur chilien qui me surprend, mais que vous soyez les deuxièmes à venir me demander de l’aide…

Manu : Ressusciter Bolaño n’est pas sans danger… L’expérience peut mal tourner. Et le gentil chilien peut devenir un véritable despote si on s'y prend mal !

Untel (à Labuse) : T’avais dit qu’avec un seul de ses cheveux, tu pouvais le cloner ?
Labuse : Je sais !
Untel : Alors ?
Labuse : Alors, je pouvais pas deviner que ça allait en faire un dictateur chilien !

Belane : Bon, alors, les cocos, vous décidez quoi ?


AVERTISSEMENT
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite. Les événements relatés ne se sont peut-être pas encore déroulés.


Dans l’avion

Pedro : J’ai l’impression d’être parti au moins un mois !
Bart’ : Pourtant, ça ne fait qu’une journée…
Pedro : C’est ça qu’est bien.
Thomz : Dites donc, vous n’avez pas vu Labuse ?
Untel : Si, tout devant. Cet enfoiré a été surclassé en business class. Y’avait plus de places avec nous.
Thomz : Et qui est-ce qui a les cheveux de Roberto?
Bart’ : J’ai quelques boucles dans mon portefeuille, Labuse en a aussi, je crois.

Une dame : Tom ! Tom ? Où es-tu ? Tom !
Une hôtesse : Que se passe-t-il, madame ?
La dame : Je cherche mon fils, Tom. Il était avec moi, il y a 5 minutes…
L’hôtesse : A quelle place êtes vous ?
La dame : Euh, attendez… (elle sort son billet) La 49, là bas !
L’hôtesse : Calmez-vous, il ne doit pas être bien loin, venez…
Bart’ : Faites des gosses !
Thomz : Cette phrase est toute pourrie…
Bart’ : Je sais…
Pedro : Vous croyez qu’on aura un film sur le vol ?
Untel : En tout cas, j’espère qu’ils ne vont pas encore nous refiler de la paëlla…

Pendant le vol

Des cris, des hurlements, beaucoup de secousses.

Pedro : JE VEUX PAS MOURIR !!! JE SUIS TROP JEUNE !
Bart’ : Accrochez-vous !
Thomz : Putain, quelle merde !

______________NOIR______________


152

Expliquez-moi l'énigme des films pornos, lui demandai-je. Vous n'avez rien remarqué de bizarre, d'anormal, quelque chose qui ai attiré votre attention?
Bart': C'est à moi que tu parles?
Thomz: Non, j'ai rien dit.
Pedro: Mais sapristouille, où est-ce qu'on a encore atterri?
A son expression, je compris qu’à l’exception peut-être de son retour familial au Chili, il s’en fichait des films, des revues, et de tout. La seule chose remarquable…
Bart’ : Quoi ?
Thomz : Quoi quoi ?
Bart’ : Je suis pas sourd…
Thomz : Pas encore…
Bart’ : T’as dit Chili ?
Thomz : J’ai pas dit Chili!
Bart’ : Alors qui a dit Chili ?
Untel : Personne a dit Chili…
Pedro : J’ai entendu Chili aussi !
…c’est que chaque jour, je suis plus obsédé par ce salaud de Wieder. Et c’est positif ou négatif ?
Bart’ : Mais de quoi ?
Untel : Attendez, ça y’est, j’entends aussi…
Pedro : Merde, vous croyez qu’on est mort ?
Ne plaisantez pas Romero. D’accord, je vais vous raconter une histoire.
Untel : Romero, Wieder… ça ne vous dit rien ?

67
Farewell : si je n'avais pas si mal au bide et si je n'étais pas aussi saoul, je me confesserais dans l'instant.
Moi : ce serait un honneur pour moi.

Labuse : Excusez-moi…
Farewell : ou je vous traînerais jusqu'aux toilettes et je vous enculerais une bonne fois pour toutes.
Labuse : S’il vous plaît ?
Moi : ce n'est pas vous qui parlez, c'est le vin, ce sont ces ombres qui vous inquiètent.
Farewell : ne rougissez pas, nous les Chiliens, nous sommes tous des sodomites.

Labuse : Messieurs ?
Moi : tous les hommes sont des sodomites, ils portent tous un sodomite dans l'architrave de l'âme, pas seulement nos pauvres compatriotes, et l'un de nos devoirs est de le dominer, d'en triompher, de nous mettre à genoux.
Tom : Ils ne répondront pas.
Labuse : Comment ?
Tom : Ils parlent, ils parlent depuis tout à l’heure mais ils ne nous voient pas. Ils ne nous entendent pas.
Labuse : Ils le font exprès. Ils sont ivres. Regarde !
Farewell : vous parlez comme un suceur de bites.
Moi : je ne l'ai jamais fait.

Labuse : Tu vois !
Tom : Non… Ils ne feront rien.
Labuse : Et pourquoi ?
Tom : Parce qu’on est mort !
Labuse : N’im-por-te quoi !
Tom : Si! L’avion s’est crashé et on est mort !
Labuse : Tu étais dans l’avion ?
Farewell : ici nous sommes en lieu sûr, ayez confiance, ayez confiance, même pas au séminaire?
Moi : j'étudiais, je priais et j'étudiais
Tom : Oui.
Labuse : Il n’y a que nous, ici ?
Tom : Oui.
Labuse : Et les autres ?
Tom : Il n’y a que nous pour l’instant…
Labuse : Reste à savoir où nous sommes…
Farewell : ici nous sommes en lieu sûr, ayez confiance, ayez confiance.
Tom : On ne peut pas sortir d’ici. J’ai essayé. On est coincé.
Labuse : Attends, … euh… tiens, c’est vrai, je ne connais même pas ton nom.
Tom : Je m’appelle Tom. Tom Pynchon.
Labuse : Enchanté, Tom. On m’appelle Labuse.
Tom : Il est un peu pourri ton nom...
Labuse : Je sais…


153

Après il me raconta l’histoire d’une bande d’individus qui tournaient des films pornos dans une villa du golfe de Tarente.
Bart’ : Mais, bon sang, tu as raison !
Untel : Comme d’habitude…
Thomz : Au début, je n’y avais pas prêté attention, mais maintenant, c’est clair.
Untel : Et si je me souviens bien, on est à peu près à la fin…
Pedro : A la fin de quoi ?
Un matin, ça devait faire deux ans, on les avait tous retrouvés morts. En tout six personnes, trois actrices, deux acteurs et le caméraman.
Thomz : A la fin du bouquin, Pedro !
Pedro : Hein ?
Untel : On est dans Etoile Distante, là ! Tu te rappelles pas ?
Pedro : Je l’ai pas lu celui-là…
Bart’ : Si on est à la fin du livre, qu’est-ce qui va se passer si on arrive à la dernière phrase ?
Thomz : Il faut qu’on se casse d’ici !
Untel : Il faut retrouver Labuse…


68

Moi : je lisais St Augustin, je lisais saint Thomas, j’étudias la vie de tous les papes.
Farewell : et vous vous souvenez encore de ces saintes existences ?

Moi : attendez, Farewell, j’ai l’impression que nous ne sommes pas seuls. Quelqu’un nous écoute.

à suivre...

16 commentaires:

Pedro Babel a dit…

Je me sens un peu "Lost" dans cet épisode... qui n'en est pas moins formidable !

g@rp a dit…

Un épisode étrange, en effet. Fragmenté.
Onirique ou biturique ?
Nourri de littérature ou de séries ?
Anyway, un épisode qui rompt une forme de linéarité qui aurait pu lasser.
Là, on bave de devoir attendre la suite.
Well done !

a.w. a dit…

L'attente va être intenable jusqu'au prochain épisode !!

Manu a dit…

pfuit... Excellent !

temporel a dit…

L'image n'aurait-elle pas pour effet de nous hypnotiser ? Si c'est pour vous délivrer de la nicotine, la contamination de l'expression orale par certains procédés stylistiques dixit Pitol tout va bien mais j'ai un doute Labuse est peut-être un espion qui nous manipule. Sous hypnose la ventriloquie n'est pas loin. Il est temps d'organiser votre anonymat vous êtes en danger, c'est très simple considérons vos vrais prénoms et noms, exemple : Pierre Martin, nous prendrons l'alphabet espagnol qui comporte 2 lettres de plus qu'en français ll et ñ c'est-à-dire 2 sons mouillés dont vous aurez besoin si vous êtes coincés sans eau dans le désert (comme dans -Breaking bad- mais eux ils l'ont bien voulu), en espagnol P est à la 16e place donc 16+9+5+18+18+5 +13+1+18+20+9+14 = 146 c'est uniquement ce nombre à 3 chiffres qui m'intéresse et je ne veux pas savoir qui est qui. S'il y a des doublures dans les 16 blogs de -Le Continent flottant- vous calculerez une fois avec l'alphabet espagnol et une autre fois avec le français s'il y a des triplés vous doublez des lettres, ensuite je vous indique comment vous allez contaminer les territoires. Je suis toujours l'intruse et mon'ombre est 168. Ce qui serait coïncidence, c'est que des Chums soient le nombre 152 ou 153. Tout ne sera que géométrie et l'écrivain inattendu qui m'a permis de construire la figure qui vous concerne c'est Tarkos : Ma langue I. Carrés p 44 et p 48, 2 carrés à la lecture double, entre autres.

g@rp a dit…

Temporel ?
Perso, il me semble bien que l'alphabet espagnol comporte 29 lettres. 26+ll+ñ+ch.
On part là-dessus ?

temporel a dit…

Je ne connais pas l'espagnol, merci de rectifier donc 3 lettres de plus, le 3 encore plus présent mais j'ai vu également un double rr ! C'est la règle espagnole qui compte, mon nombre reste le même je l'ai calculé avec l'alphabet français. Donc ch (4e place) après c. L'oubli de ce ch est révélateur car en espagnol mon nombre était avec cet oubli 179 moins 168 ça faisait 11.

g@rp a dit…

sur la base de 29 lettres et des identités cachées que je connais :
Fausto : 181
A.W : 179
g@rp : 170
il y a aussi un 115 (mais là, je connais l'identité sans me souvenir du pseudo)

g@rp a dit…

@temporel : j'en ai un de mieux.
Bartleby : 156

g@rp a dit…

et j'ai oublié Odot : 147

g@rp a dit…

et un dont je tairai le "pseudo" :
version longue : 188
version courte : 56

temporel a dit…

Avant de commencer, il faut d'abord que j'explique ce qui va se passer. Les nombres sont votre signature à chacun et ce que je vais vous demander c'est d'intervenir sur l'image 2 (regarder à Installations sur mon site) l'image 2 est un premier grand feuillet et d'autres carrés décalés dans le désordre (ce n'est pas une mise en abyme) vont suivre pour chaque intrusion. Ce sont des sacs industriels en plastique transparent (151 x 090 cm chacun) ce qui ne se voit pas pour l'instant puisque la prise est faite dans le noir. Chaque carré est constitué d'un triangle isocèle et 2 triangles rectangles (Monterroso dit que l'isocèle est philosophe, le scalène médium, l'équilatéral juge), et dans ce carré je voudrais inscrire 2 mots de votre choix (soit en espagnol soit en français) qui concernent ce que vous ressentez de l'œuvre de Bolaño, on retrouve des éléments de d'autres livres dans 2666, vous avez carte blanche je n'ai rien à dire et j'inscrirai les 2 mots à partir de votre nombre. Ce qui est évident pour vous ne l'est pas pour moi, il y a 16 blogs sur -Le Continent Flottant- mais influencée peut-être par Volodine je ne sais pas s'il y a plusieurs blogs pour une même personne, ce qui est sûr c'est que j'ai assez de feuillets : 2 personnes par feuillets x 8, donc les interventions de tous sont les bienvenues, j'ai pris soin de lire vos impressions (ex : un W de perec ici, une page 57 de Anvers révélée par l'un d'entre vous (entre Sterne et Pynchon) et évidemment les articles récents très riches). Feuillet par feuillet la figure harmonieuse va se désorganiser, l'entropie va gagner, je rajouterai chaque image au fil du temps. Pour le 188 je prends la version longue, le nombre à 3 chiffres et vérifiez votre calcul entre vous une erreur est vite faite. Si questions ne pas hésiter.

g@rp a dit…

Temporel, pour ma part : fragments, mosaïque

Pedro Babel a dit…

Mon pseudo donne 80, et mon vrai nom (qui est classé secret défense) donne 138.

temporel a dit…

G@rp et Pedro, pour être certaine de ne pas avoir loupé une étape je retiens bien les nombres 188 et 138 et je laisse 56 et 80 ou dois-je en tenir compte parce que la contrainte était le nombre à 3 chiffres.
170 : fragments, mosaïque. C'est une Ouverture qui crée des résonances avec d'autres articles donc mosaïque également sur les blogs du CF. Avec un chercheur nous nous étions posés la question de savoir si l'œuvre de Perec relevait du puzzle ou plutôt de la mosaïque, nous avions pris appui sur une lecture : La totalité 4 La totalité réalisée les arts et la littérature, Christian Godin. C'est en allant voir la tombe de Braque à Varengeville que j'ai eu un déclic, il s'agit d'une mosaïque qui n'est pas lisse mais matière avec de l'aspérité et à un endroit un petit cube a disparu faisant place à un trou et pourtant malgré ce petit fragment qui manque, la totalité fonctionne ce n'est pas la joliesse qui compte mais le fait d'ajuster unes à unes des pièces numérotées pour créer une unité.

g@rp a dit…

Ben garde les nombre à 3 chiffres.
Et ça : "malgré ce petit fragment qui manque, la totalité fonctionne", c'est exactement mon ressenti de l'œuvre de Bolaño.