lundi 1 juin 2009

Le club du danger : épisode 4


Précédemment dans le Club du danger :

Nos valeureux héros sont partis à la recherche d’une mèche de cheveux de Bolaño afin de le cloner. Direction Espagne.
Là, nos amis rencontrent le célèbre et mystérieux Professeur Bourdaud qui leur remet quelques mèches du frisé chilien et les avertit que d’autres personnes essaient de cloner l’auteur de Nocturne du Chili. Nos amis décident alors de retourner à Paris pour tenter coûte que coûte le clonage. Malheureusement, l’avion qui les ramenait se crashe. Bartleby, Untel, Pedro et Thomz se retrouvent coincer dans Etoile Distante qui comme chacun le sait est un bouquin de Bolaño. Labuse, lui, se retrouve prisonnier de Nocturne du Chili en compagnie d’un certain Tom Pynchon… Voilà, on en était à peu près là.






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Farewell : Ecoutez, je vous dis qu’il y a quelqu’un d’autre dans la pièce. Nous ne sommes pas seuls. On nous espionne.

Moi : Nt, nt, nt… L’alcool vous fait délirer, Farewell… ce n’est pas comme cela que vous me mettrez dans votre plumard !

Farewell : Regardez plutôt derrière vous !

Moi : Grands dieux ! Mais qui sont ces énergumènes ? Qui êtes vous, bon sang? Que faites vous ici?

Tom: Je suis Tom Pynchon, et l'autre, là, c'est Labuse. Nous nous sommes quelque peu égarés…

Farewell: Mon cher Icabache, si je ne puis vous traîner jusqu'aux toilettes, je me contenterai alors de ce petit gros!

Labuse: Si vous touchez un seul des cheveux de cet enfant, je vous pète la gueule!

Farewell: C'est de toi que je parlais, gros malin!

Labuse: Cours, Tom, cours!

Farewell : Minute papillon ! Où crois-tu aller comme ça ?

Labuse : Si vous ne vous poussez pas de mon chemin, je…

Farewell : Tu ? Tu vas faire quoi ? T’as oublié tes muscles ? T’avez pas prévu qu’i’ allait y avoir bagarre aujourd’hui ? T’as oublié tes affaires de sport ? Laisse tomber et viens un peu par ici, mon loulou.

Labuse : Je ne suis pas votre loulou.

Tom Pynchon : Ecoutez, ce n’est pas la peine de la prendre mauvaise, on peut discuter…

Farewell : Toi, le jeune éphèbe de supermarché, je m’occupe de toi juste après le gras-double.

Labuse : Mais, je ne suis pas gros !

Moi : Farewell, nous pourrions vêtir ce Pynchon du petit costume de marin que vous gardez dans votre malle à l’étage.

Farewell : Bonne idée, mais il faudra lui cacher son visage avec un sac en papier… Il est tout de même particulièrement laid…

Labuse : Tiens, prends toujours ça, gredin ! (lançant un coup de pied violent dans l’entrejambe de Farewell)

Farewell : Sa race ! ça fait mal !

Une voix derrière la porte : Il est là, je l’entends.

Moi : Farewell, tenez ! Votre revolver ! Attrapez le !

Pedro : Mais que se passe-t-il ici ?

Thomz : Attention ! Baisse-toi, Pedro (sautant au ralenti sur Pedro pour le couvrir des balles)

Labuse : Oh, mon dieu, ils ont tiré sur Pynchon !

Untel : Espèces d’enfoirés !



Après quelques minutes d’un combat acharné


Bartleby : On s’en tire plutôt bien ! Une fois encore…

Pedro : Trop fort ! Comment Thomz lui a fait sa fête à Farewell ! Et quand Untel a pris les deux flingues et a glissé sous la table tout en tirant !

Thomz : C’est vrai que ça en jetait…

Bartleby : Et quand Labuse s’en est pris à l’autre cureton ! Qu’est-ce que tu lui as mis !

Pedro : Je ne sais même pas quel nom donné à ce que tu as fait…

Labuse : A vrai dire, cela s’appelle du Muay Thai… Mais attendez une minute, ce n’est pas que cela ne me fasse pas plaisir, mais que faites vous ici, les amis ?

Untel : On était coincés dans Etoile Distante mais on s’est cassé…

Labuse : Mais comment vous avez fait ?

Untel : Bah, comme on était piégé dans le bouquin, on s’est dit que le meilleur moyen pour s’en échapper, c’est d’avoir recours à une ellipse…

Thomz : On est arrivés ici grâce à une ellipse ! C’est dingue, non ?

Labuse : Et vous l’avez mise en place comment cette ellipse ?

Bartleby : C’est très simple, laisse moi t’expliquer :



Après quelques minutes d’explication


Labuse : En effet, c’est fichtrement malin. Vous croyez que ça peut marcher ici, aussi ?

Bartleby : On peut toujours essayer.

Thomz : Attendez !

Pedro : Quoi encore ?

Thomz : Vous n’avez pas vu toutes les bonnes bouteilles que ces deux pingouins ont dans leur cave ?

Bartleby : Parait effectivement que le vin chilien n’est pas dégueu…

Pedro : Et leur bibliothèque ! Vous avez jeté un œil….

Untel : Bon, on ne se surcharge pas inutilement, non plus. Disons, six bouteilles chacun, ça devrait le faire….

Thomz : On en ouvre une maintenant ?

Labuse : C’est vrai que cette bagarre m’a un peu asséché le gosier.

Bartleby : On a le temps en plus…

Pedro : Messieurs, je m’en vais faire un petit tour dans leur bibliothèque et je me joins à vous.

Thomz : Qui a un tire-bouchon ?

Bartleby : Ah, non… merde, j’ai rien…

Untel : Tiens, j’ai toujours un couteau suisse sur moi !

Thomz : Et c’est maintenant que tu le dis !

Untel : Oui, pourquoi ?

Thomz : Pour rien...



Après deux bouteilles


Untel : Bon, maintenant faut qu’on trouve un moyen de rentrer…

Labuse : T’avais pas parlé d’une ellipse ?

Untel : Admettons. Et si ça foire ? Si par exemple on se retrouve dans 2666 ?

Thomz : Ou pire dans un Marc Lévy…

Bartleby : Il faut qu’on arrive à renter à Paris. Tu as toujours la mèche de cheveux sur toi, Labuse ?

Labuse : Oui, elle est dans mon porte-feuille juste à côté d’un autographe de Bernard Lavilliers.

Bartleby : Parfait.

Pedro (chargé de livres) : Messieurs, je suis prêt !

Thomz : Tu déconnes, tu passeras jamais l’ellipse avec autant de bouquins.

Pedro : Mais ce sont des éditions originales et ça, c’est un texte d’Aristote que je ne connaissais même pas. C’est la suite de la Métaphysique !

Thomz : Vas-y, fais-toi plaiz… Mais je te préviens, je ne t’aiderai pas à porter tout ça !

Pedro : Je me débrouillerai !

Untel : Bon, alors, on décolle ou on s’encule ?

Bartleby : Très bien, allons-y. Place à l’ellipse.



70

Pedro : Alors, ça a marché ?

Thomz : Putain, on est toujours là !

Bartleby : On est trop chargé…

Untel : Pedro, laisse quelques bouquins ici !

Pedro : Vous n’avez qu’à laisser des bouteilles, vous !

Bartleby : Pedrooooooooo !

Pedro : Bon, d’accord.

Bartleby: Bon, allez, c’est reparti!



71

Pedro : Alors ?

Bartleby : Attends un peu. Je sens que ça arrive.

Labuse : ça va durer combien de temps ?

Bartleby : Je n’en ai aucune idée, quand on était coincés dans Etoile Distante, on a d’abo----



Paris, 14h19



Pedro : Fantastique, ça a marché ! ça a marché ! On est rentré ! Je reconnais, on est dans le douzième !

Bartleby : Je vous l’avais bien dit !

Untel : Tout le monde est là ?

Labuse : Oui, on dirait…

Thomz : Enfin chez soi !

Untel : Bon, on fait quoi maintenant ?

Labuse : J’irai bien prendre une douche. Je suis crevé.

Bartleby : Y’a pas une station vélib, pas loin ?

Un homme en noir s’approche.

L’homme en noir : Messieurs du Club du Danger ?

Untel : Ouais.

L’homme en noir : Je suis l’Escargot G@rpien. Il f@ut que vous me suiviez immédi@tement!

Bartleby : Et pourquoi donc ?

G@rp: Vous vouliez cloner Bol@ño, n’est-ce p@s?

Thomz : Oui, comment le savez-vous ?

G@rp: Nous @vons nos inform@teurs! Vous n’êtes pas les seuls.

Labuse : On sait, c’est bon.

G@rp: Oui, m@is eux l’ont déj@ cloné…



à suivre....


à la mémoire de Thomas Pynchon

14 commentaires:

g@rp a dit…

@rf @rf excellent !
Et le coup de l'ellipse, est démoni@que d'effic@cité.
P@r contre, je ne comprends p@s pourquoi il y @ tous ces "a" vers l@ fin de l'épisode.
Ton cl@vier ser@it-il m@udit ?

Pedro Babel a dit…

Excellent, en effet ! Cependant, en plus d'être un admirateur béat des cabrioles sud-coréennes de mes petits camarades, moi aussi je voudrais bien étonner tout le monde ! Moi aussi, je veux jouer au Bruce Lee, ou au Gordon Liu !

g@rp a dit…

Mine de rien, je me dem@nde comment il @ f@it pour s@voir que j'ét@is souvent vêtu de noir... Ou @lors... Petit-Beurre @urait-il vendu l@ mèche ? (c'est le c@s de le dire)

La buse a dit…

Patience, petit scarabée, ton heure viendra!

La buse a dit…

Et non, l'homme aux petits beurres ne m'avait pas parlé de l'homme en noir.

Heureux hasard. Ou alors j'ai d'autres sources mieux informées et plus discrètes?

Bartleby a dit…

Toujours aussi mortel... Pedro, tu me prêteras la suite de la Métaphysique ?

g@rp a dit…

Wopét@rd ! C'est Tonio, c'est ç@ ?

a.w. a dit…

Je n'ai rien à voir dans cette ô combien excellente histoire (en tout cas pour l'instant !... en même temps l'univers des ellipses est surprenant, sait-on jamais donc).

En tout cas : La Buse assure.

g@rp a dit…

@lors, il n'en reste qu'un : tr@duttore, tr@dittore.

temporel a dit…

La buse est très bien renseigné alors espion pas espion mystère ! L'ellipse, le 8, point cuspidal, retournement de l'espace (si les triangles étaient inversés pointe en bas et une en haut ça ferait un 8) mais également le bretzel pâtisserie à trous qui avoisine le 8. C'est sûrement dans le testament géométrique.
Le pynch rôde, de quoi doit-on se souvenir...
Pour les lecteurs qui n'auraient pas encore lu 2666 et qui pourraient penser qu'il est fait un usage excessif d'une pratique sexuelle que la morale réprouve, pas du tout, l'homophobie, le machisme, la phallocratie, l'hypocrisie des hétérosexuels en cache. La semaine dernière, j'ai vu une exposition de photos de reporters qui parcourent le monde et je me suis arrêtée devant une photo : des croix peintes en rose habillées de robes, de vêtements de femmes assassinées au Guatemala dans l'indifférence, des femmes proches des victimes ont crée cette installation pour faire réagir et pour dire leur détresse. Une loi est à l'étude pour punir les assassins de 20 à 25 ans de prison car pour l'instant les crimes sont impunis. -La partie des crimes- étaient là en réalité devant moi.

Manu a dit…

Une ellipse est obtenue par plusieurs moyens :
- intersection d'un plan avec un cône (c'est celle que je préfère, je reviens d'Amsterdam)
- droite directrice / foyer / excentricité
- méthode bifocale
- par cercle directeur
...
J'ai l'impression que tes ellipses sont obtenues par le mélange vigoureux de toutes ces méthodes dans un shaker (on en revient à la notion de cocktail).

temporel a dit…

Manu nous confirme peut-être que nous sommes dans un labyrinthe. Donc j'ai maintenant l'assurance que des territoires ne sont pas exclus. Cependant il y a un "paradoxe d'Aytré" : totalité et silence à résoudre. C'est fait il y aura 16 territoires, 8 avec signature et mots et 8 territoires axènes à contaminer. La moitié du premier feuillet en ligne.

g@rp a dit…

@temporel : je suis allé voir, j'ai passé mon temps à naviguer de la première à la seconde image, il y a non seulement une illusion d'animation, mais les images sont superbes.
Qui plus est, retour bien agréable vers le passé, pour moi, car ce projet n'est pas sans me rappeler ce que nous faisions - modestement, en tant qu'aleajoueurs - sur www.darbraleph.org
Bravo.
J'engage les autres Chums à donner leurs nombres et mots.
Have fun, chums !

temporel a dit…

J'ai déjà navigué dans ce labyrinthe que tu avais mis en lien, "écart et échange" voilà ce qui compte et c'est autant un plaisir pour moi de construire chaque feuillet avec les mots des autres. Il y a des textures que je ne montre pas pour l'instant qui jouent avec l'apparition-disparition, je suis en train de penser l'installation des feuillets.
Hier, dans le cadre de -Paris en toutes lettres-, j'ai écouté une lecture à 2 voix Arno Bertina et Ludovic Michaux de -La Borne SOS 77- un sans-abri occupe un territoire sur le périphérique vers la porte Maillot et résiste aux passages jour et nuit de milliers de voitures. j'ai été saisie par les images présentées et précisément ces territoires balisés par des plots dans la ville pour empêcher les sans domcile fixe de venir s'installer, les espaces dissuasifs abondent maintenant dans les villes, de quoi beaucoup réfléchir, un livre à lire. Ensuite j'ai écouté une lecture croisée de Claro et Mathias Enard (écrits variés), la thématique étant "Paris", ils nous ont offert une matière priapique au pays de Sodome qui n'était pas du tout hors sujet puisque les touristes du monde entier viennent voir Paris pour sa célèbre architecture à la forme phallique. Enfin -Un dieu, un animal- de Jérôme Ferrari un texte que je découvre, une esthétique, un écrivain à suivre. Finalement à travers ces 3 évènements je ne quittais pas Bolaño.