jeudi 11 juin 2009

This is Happy End...


Il y a beaucoup de musique dans le premier et super chouette album de Your Happy End. C'est facile à dire, tu me diras. C'est vrai, mais c'est suffisamment rare pour être souligné.

D'autant que les deux membres du groupe (Aurélien Bortoluzzi & Guillaume Zolnierowski) viennent du Havre, une ville que l'on n'imaginerait pas à première vue capable d'inspirer tant de finesse, de douceur, de tendresse et de mélancolie. Et pourtant, le temps de quarante cinq minutes, Le Havre, comme ce fut le cas, il y a quelques années avec Bristol, héberge un beau et grand groupe que l'on a envie d'aimer et de suivre dans leurs aventures mélodiques.

Si le disque fourmille d'idées, il foisonne aussi de références. C'est toujours bien d'avoir de bonnes références, tu me diras. C'est encore mieux de les avoir comprises et digérées.
C'est le cas de Your Happy End dont la culture musicale et l'ouverture d'esprit leur permettent d'établir des ponts véritablement audacieux entre les genres et d'emmener leur auditeur en terrain connu tout en lui faisant découvrir de nouveaux horizons. Un morceau est ainsi capable de convoquer dans une même euphorie Radiohead, Portishead, Dire Straits, MF Doom, le hip hop old school, U2, et une sunshine pop chaleureuse et envoûtante. En résulte donc un disque à la fois familier et ô combien imprévisible qui ratisse large mais qui reste d'une humilité confondante. T'es pas obligé de reconnaître la qualité des samples, les clins d'oeil ici et là à d'autres morceaux, les citations diverses pour véritablement apprécier le disque.

On pense aussi très souvent, mais cela ne regarde que moi, à Day One, et leur chef d'oeuvre oublié Ordinary Man sorti en 2000. Tu te rappelles? Non? Dommage parce que ce premier album est aujourd'hui quasiment introuvable.
Your Happy End semble entretenir avec le duo de Bristol le même talent à bricoler des chansons aussi belles qu'un jour de pluie en été.

Quant à l'architecture du disque, là aussi, elle est finement pensée et pertinente.
Les premiers morceaux de l'album (Dying above the clouds, Movie Star) caressent l'auditeur dans le sens du poil et l'installent confortablement dans une ambiance ouatée et planante. Puis le disque monte en puissance et les derniers morceaux (Window, Super Fridge, Lakak) atteignent une telle intensité orageuse et une si belle unité que les poils des bras finisssent par s'hérisser.

Bref, il y a un vrai travail. Ajoutons la réussite de la pochette, qui sous les rabats cartonnés du digisleeve garde jalousement à l'abri le cd originalement sérigraphié.

Your Happy End, c'est enfin l'histoire d'un type (Guillaume Zolnierowski) qui, adolescent, a revendu sa Megadrive toute neuve pour s'acheter sa première guitare.
Quand on arrive au point de se priver de passionnantes heures de jeu avec le hérisson bleu pour s'offrir à la musique, forcément, un jour, ça paie. Moi, par exemple, j'ai gardé ma Megadrive, et je suis toujours incapable de jouer Come as you are à la guitare. Et je n'ai d'ailleurs jamais, non plus, réussi à finir Sonic.

Echanger sa Megadrive contre une guitare, c'était sans doute le top de la meilleure idée '94.
Et c'est bien connu, ce n'est point avec une manette de console qu'on emballe les filles.

Que, diable, se serait-il passer si Guillaume Zolnierowski n'avait pas eu cet éclair de génie et troqué sa console 16 bits pour une 6 cordes?
Il n'aurait peut être jamais rencontré Aurélien Bortoluzzi, la voix, à la fois rageuse et rassurante, du groupe.

Et le Havre serait resté le Havre...

On connaissait la ville pour son ciel gris, son taux de chômage, son Little Bob, son Quick, ses 2 Auchan, ses habitants pas très sympas ou son port autonome (enfin, ici, ils disent surtout le "peurt").

On connaîtra maintenant Le Havre pour Your Happy End...



Visite leur myspace: http://www.myspace.com/yourhappyend.
Achète le disque.

1 commentaire:

barcelone a dit…

un groupe inventifs.les groupes inventifs qui menent l'esprit vole a l'horizon..il y a aussi le groupe deep purple.........