lundi 12 janvier 2009

Le monde et Kant

L’intérêt pour le thème cosmologique est récurrent dans la pensée kantienne, y compris dans la période pré-critique. Il semble en effet que l’enthousiasme dont fait déjà preuve le jeune Kant pour un tel sujet dans ses Pensées sur la véritable estimation des forces vives en 1747, ou dans son Histoire de la nature et Théorie du ciel en 1755 où il réfléchissait sur l’organisation de l’univers et les forces motrices de la matière, ne se soit jamais réellement démenti. Le motif cosmologique persiste tout au long de son travail philosophique si bien que dans l’Opus Postumum, on aura affaire à un Kant vieillissant spéculant sur l’éther cosmique et la gravitation universelle. La réflexion sur l’idée de monde est aussi un élément essentiel de la philosophie critique. D’ailleurs, si l’on se range du côté de l’opinion habituelle qui fait de la Dissertation de 1770 le premier des textes critiques, c’est par la mise en question de l’idée de monde que commence l’ensemble de la démarche critique puisque la première section de la Dissertation a pour titre : De la notion du monde en général, même s’il est vrai cependant qu’en dépit de son titre, la Dissertation porte essentiellement sur la connaissance du monde et non sur le monde lui-même. Et, il est important dès à présent de constater que quels qu’aient pu être les conséquences de la Critique de la Raison Pure, où il réforme l’usage du concept de monde en métaphysique, ou même de la philosophie critique en général, Kant n’a jamais ouvertement renié les théories exposées dans ses écrits de jeunesse, et plus particulièrement de son Histoire générale de la nature et Théorie du ciel. Il y fait même très explicitement référence dans des textes où l’esprit de la philosophie transcendantale s’atteste avec une particulière netteté . Aussi surprenant que cela puisse paraître, la découverte des Antinomies de la Raison Pure ne semble donc pas menacer la persistance du motif cosmologique dans les recherches de Kant. Bien au contraire, même engagé dans une tâche philosophique immense, Kant n’hésite pas à développer sa théorie en fonction des progrès de la physique, c’est ce que du moins laisse penser son mémoire Sur les volcans de la Lune en 1785, où il s’appuie sur les hypothèses de Crawford relatives au calorique afin d’expliquer l’origine de la chaleur solaire dans le cadre de son schéma cosmogonique. On se rend donc très vite compte que bien plus que l’idée d’âme ou celle de liberté, les deux autres idées maîtresses qui engagent la raison dans une dialectique dont elle se sort à grand peine, l’idée de monde joue un rôle décisif dans tout le travail philosophique de Kant, ou mieux même, il semble que pour Kant, la recherche sur le monde, à quelque échelle de temps ou d’espace que ce soit, fasse bien partie du projet général de la science de la nature.


Il ne faut pas oublier non plus que Kant hérite d’un concept de monde un peu particulier : c’est le monde copernicien idéalisé par les mathématiques galiléennes, unifié par les lois de Kepler et investi par la physique géométrique de Descartes. C’est un monde conçu comme une machine dont chaque mouvement dépend du mode de connexion de ses différentes parties, et qui par conséquent bénéficie d’une relative autonomie de fonctionnement. Le monde dont Kant hérite est un monde partagé entre le règne de l’influence mécanique et le recours à un fondement métaphysique. C’est sans doute pourquoi il part d’une tentative de conciliation entre deux points de vue cosmologiques, celui de la science newtonienne et celui de Leibniz. D’un côté, en effet, l’auteur du Discours de Métaphysique expliquait le monde par son origine rationnelle, c’est-à-dire Dieu, tandis que de l’autre, Newton pensait pouvoir expliquer l’ordre et le système de la nature sans se fonder sur une théologie rationnelle mais sur des lois mathématiques. Cette conciliation est d’autant plus osée quand on la met en parallèle avec les différentes confrontations, qui ont opposé Leibniz et les newtoniens, au sujet de la priorité de l’invention du calcul différentiel, ce qui n’a pas, certes, beaucoup contribué à la publicité de la gravitation universelle, et a certainement laissé un peu de côté certaines questions épineuses comme le problème de l’action à distance des forces gravitationnelles, ou l’énigme de l’origine du système planétaire, qui pour Newton ne pouvait pas être mécanique.


Il est certain cependant que les préoccupations cosmologiques de Kant ne s’arrêtent pas au simple arbitrage des différents entre newtoniens et leibniziens, mais cela nous permet, au moins dans un premier temps, de comprendre que le problème du monde semble se trouver au carrefour de la métaphysique et de la science et que la question à se poser serait celle de savoir si une connaissance scientifique du monde est identique à une connaissance métaphysique de son être. On continuerait toutefois à essayer de concilier deux points de vue : celui du scientifique qui espère nous délivrer notre rapport ultime au monde bien que, d’un côté, il renonce à l’habiter, et que de l’autre, le mécanisme universel de la Nature semble concerner le monde comme l’ensemble des phénomènes, ce qui ne détermine donc rien en soi. Et celui du métaphysicien qui, quand il parle du monde, entend uniquement le mot au sens transcendantal comme un tout qui n’est partie d’aucun autre ; se bornant ainsi uniquement à un seul sens du mot, il ne peut alors se poser la question de savoir si l’on peut décider transcendantalement du monde en raisonnant sur le monde sensible. De plus, la métaphysique relève d’une double réduction. Elle réduit en effet ce qui est à ce que nous pouvons penser, puis ce que nous pouvons penser à ce que nous pouvons connaître. Comment dès lors retenir ces inquiétantes prétentions ? Et puis si l’on admet que le monde ne tire son unité que de Dieu, c’est à dire sa dépendance par rapport à un principe transcendant, la nature risque dans cette perspective de n’avoir qu’une autonomie limitée, et la physique de pertinence que si elle est fondée métaphysiquement. D’où l’enjeu de la critique kantienne : sauvegarder la possibilité d’une connaissance objective de la nature qui fasse l’économie de toute transgression métaphysique.


On a certes bien retenu que pour le philosophe de Königsberg connaître c’est appliquer à une intuition sensible un concept, mais l’intuition sensible que nous avons du monde est-elle suffisamment conséquente pour pouvoir espérer en fonder une connaissance ? N’exigeons-nous pas un travail qui dépasserait les capacités de l’entendement ?

Il semble que la raison soit incapable de penser directement le monde comme un objet dont elle pourrait viser la connaissance comme elle vise celle de tout autre objet. Mais s’il y a bien des matérialistes qui nient l’existence de l’âme ou des athées qui nient celle de Dieu, on ne peut raisonnablement pas nier celle du monde, sans du même coup nier celle du sensible, c’est-à-dire la source de toute connaissance naturelle. D’un autre côté, la tentative de déterminer à partir des phénomènes du monde sensible une totalité absolue et en soi nous plonge dans d’interminables controverses : on applique en effet à des phénomènes n’existant que dans notre représentation l’idée incertaine d’absolue totalité qui, elle, n’a de valeur que comme condition des choses en soi. La raison pure séparée des formes de la sensibilité et du donné de l’expérience sensible semble donc tout à fait incapable de nous fournir la moindre connaissance. De ce point de vue, le concept de monde n’est identifiable qu’à une pure et simple idée, c’est-à-dire à un concept auquel ne correspond aucune intuition sensible. C’est pourquoi d’ailleurs contrairement à l’idée d’âme ou à celle de Dieu, l’idée de monde qui ne peut ni se libérer du sensible, ni s’y réaliser pleinement donne lieu à une antinomie. Et l’on sait à quel point Kant a souligné la place importante qu’il accorde à ce problème dans son système. « Si je souhaite que le lecteur critique s’occupe avant tout de cette antinomie, c’est qu’il semble que la nature se soit elle-même employée à la susciter pour rendre la raison hésitante dans ses prétentions téméraires et pour la contraindre à se mettre elle-même à l’épreuve. (…) Or si le lecteur est amené par cet étrange phénomène à remonter à l’examen de l’hypothèse qui est à son principe, il se sentira contraint d’approfondir avec moi l’enquête sur le premier principe de toute connaissance de la raison pure.» ( Prolégomènes à toute métaphysique future, note du §52b, AK, IV, 341). Plus encore, Kant est même allé jusqu’à affirmer : « Ce n’est pas l’examen de la nature de l’idée de Dieu, de l’Immortalité, etc., qui a été mon point de départ, mais l’antinomie de la Raison Pure. (…) c’est cette antinomie qui m’a d’abord réveillé de mon sommeil dogmatique et m’a conduit à la Critique de la Raison Pure elle-même afin de supprimer le scandale de la contradiction apparente de la raison avec elle-même. » ( Lettre à Christian Garve du 21 Septembre 1798, AK, XII, 257).


Ainsi, il ne faudrait plus, semble-t-il, chercher à déterminer l’essence du monde en soi mais s’interroger sur les conditions de possibilité de connaissance de ce monde. Il reste en effet incapable de surmonter une réduction métaphysique et d’être ramené à un pur et simple phénomène. La métaphysique, en se le représentant le construit plutôt qu’elle ne l’étudie. Il faudrait donc essayer de savoir s’il est possible de légitimer un usage des catégories non schématisées, ou plus exactement savoir comment on peut employer des catégories hors du domaine sensible et scientifique.

Mais, on peut aussi penser que quelle que soit la stratégie utilisée, elle est viciée car elle confère aux catégories un sens ontologique. Et finalement, une fois représenté, le monde devient mise à l’écart ; il n’est plus que le reflet de notre entendement et de ses catégories ; il devient Nature c’est-à-dire un ensemble de phénomènes régis par des lois. Il convient donc de saisir le moment où la raison devient oublieuse de sa finitude et procède comme l’entendement hors des limites de la sensibilité. C’est le sens même des antinomies cosmologiques qui visent à montrer les contradictions dans lesquelles la raison se fourvoie lorsqu’elle tente de totaliser la sphère de l’expérience. Il faudra ainsi dénoncer l’illusion selon laquelle ce qui vaut pour nous vaut aussi en soi. C’est de cette façon que l’on préservera l’en-soi de toutes nos tentations et tentatives de connaissance et de représentations abusives. Et c’est seulement en le préservant qu’on laissera au monde sensible la possibilité d’apparaître. Il est clair que Kant essaie par là de récuser à la fois la confusion entre ce que sont les choses en soi et la manière dont elles nous apparaissent, d’autant plus que cela lui permet au passage de nous donner une preuve indirecte de l’idéalité des phénomènes.


Si en mettant en scène le spectaculaire échec de la cosmologie rationnelle, il semble que l’idéalisme transcendantal refuse de faire de cette dernière une partie de la métaphysique, il ne nous interdit pas cependant de suivre la perspective cosmologique dans la recherche scientifique. On comprendrait sinon difficilement comment Kant a pu soutenir en 1786, par exemple, dans ses Premiers principes métaphysiques d’une science de la nature, « l’extension immédiate et à l’infini, dans l’espace de l’univers, de la force d’attraction ». C’est donc précisément l’articulation entre les principes métaphysiques et la physique elle-même qui pourra nous permettre de comprendre quel usage nous pouvons faire du concept de monde.
Finalement, après avoir dépouillé le concept de monde de tous ses restes métaphysiques, on pourrait penser qu’il n’en reste que ce que le sujet est capable de penser, et d’y apporter, ce qui peut nous pousser à nous demander si le monde entier ne repose pas sur le sujet humain qui est sujet de connaissance, ou plus exactement si le monde n’existe pas que sur le rapport d’un sujet représentant bien qu’il faille encore revenir en temps voulu sur la possibilité de la connaissance d’un objet dont l’observateur fait partie lui-même de cet objet, c’est-à-dire qu’il faudra se demander comment le sujet peut être le miroir de ce quelque chose qu’il est. Ou mieux encore, s’il faut d’abord, pour réfléchir ce dont on est un aspect de l’objet, se réfléchir soi-même. S’il faut finalement d’abord penser le sujet pour penser le monde, c’est-à-dire commencer par élucider cette connaissance finie pour voir si elle ouvre sur une connaissance infinie.


On risque cependant dans cette perspective d’accentuer le caractère anti-théologique de la pensée kantienne. Il n’y a pas en effet de monde parce qu’il y a Dieu. De même qu’il ne peut en être le point de départ (comme il ne peut pas être non plus le point de départ de la philosophie). Reste donc à savoir s’il faut chercher à limiter les droits de la Raison Pure en théologie naturelle dans le but de mieux les faire valoir dans une théologie morale si bien que l’on en viendrait à penser que la critique des idées cosmologiques soit un excellent moyen pour Kant de se débarrasser d’un Dieu créateur, celui du «ciel étoilé », un peu trop encombrant, afin de laisser la place à celui de la loi morale qui est assurément plus discret.

samedi 10 janvier 2009

Attention au chien


Jusque là inécoutable en cd, la réédition du best seller de Fleetwood Mac est non seulement ressorti il y a quelques temps en deux cd, dont un reprenant démos et outtakes, tout à fait indispensables, mais a atterri aussi au pied du sapin et des miens il y a quelques semaines (jours?) en compagnie de son petit frère et de quelques autres pépites qui mériteront, elle aussi, quelques mots aussi mauvais soient-ils..


Généralement, que tu sois lecteur des Inrocks ou de Télérama, ça te fait toujours un peu mal au cul d’affirmer haut et fort que tu kiffes un truc super connu qui se vend à des millions d’exemplaires ou que ton collègue de bureau qui écoute Muse et Souchon connaît aussi bien que toi - si ce n’est mieux. On en a vu plus d'un par exemple retourner sa veste depuis que MGMT commence à toucher le public qui regarde le Grand Journal sur Canal.


Bref, Rumours des Fleetwood Mac est certes un des albums les plus vendus au monde mais aussi un chef d’œuvre. Merveilleusement produit, le disque aligne sur une petite trentaine de minutes des perles pop à faire fondre en larmes le plus aguerri des fans d’Airbourne (qui sont aussi tout à fait sympa).

Alors soit, on pourrait saluer à juste titre le talent de Lindsay Buckingham dont l’admiration pour les arrangements polyphoniques de Brian Wilson transpire à chacune de ses compositions où surimpressions vocales et montées d’adrénaline côtoient une certaine mélancolie adolescente que le leader des Beach Boys n’aurait certainement pas reniée.


Mais, ce qui fait de Fleetwood Mac un grand groupe, c’est peut être aussi la présence lumineuse de Stevie Nicks qui en un seul titre annonce dix ans de pop à venir.

Ecoute par exemple ‘I don’t want to know’, piste 10 pour les intimes. Pas besoin de faire un dessin. T’es tout de suite dans l’ambiance, à la fois tiraillé par une voix qui te donne envie de prendre la route, sur de grands espaces dans des pays qui ne sont pas pour les vieux hommes, dans l’espoir de trouver l’amour avec un grand A, mais une voix dont, aussi, on ne peut s’empêcher de saisir l’extrême fragilité, une voix qui, avouons-le, t'ordonne à peine sorti de chez toi de faire rapidement demi-tour pour aller chercher celle qui, dans ton salon, pousse cette complainte déchirante. En cela, Stevie Nicks apparaît comme l'exact opposé d'une Nico par exemple, à la beauté froide et distante. Si Nico est absolument belle, Stevie Nicks est simplement jolie et laisse à l'auditeur la possibilité d'imaginer une certaine accessibilité. Nico est une image, Stevie Nicks pourrait être une copine, celle de son meilleur pote dont on tombe amoureux. Si loin, si proche.

Rumours est par conséquent un album familier que l’on adopte dès la première écoute, où l'on se sent chez soi et qui nous suit le reste de notre vie en voiture ou à pieds. Dans le genre, il est difficile de faire mieux. Pourtant, deux ans plus tard, les Fleetwood Mac récidiveront avec Tusk en sortant les canines.


Album torturé s’il en est, c’est pourtant là que tout le talent des Fleetwood Mac explose (dans tous les sens du terme). Lindsay Buckingham maîtrise parfaitement la dualité de son personnage : il reste un rat de studio studieux comme son modèle précité mais n’hésite pas sur certains morceaux à avoir recours à des procédés très punks voire new-wave (citons les fameuses prises directes dépouillées de tout artifice de studio). Buckingham porte quasiment sur ses maigres épaules la totalité de l’édifice branlant, passant parfois le plus clair de son temps à essayer de régler les problèmes de couples et d'entente entre les membres du groupe.


Tusk donne ainsi l'impression de ressembler à un film de John Cassavetes avec ses histoires de couples qui se déchirent, qui se recollent et puis qui boivent du vin. Passant subitement du ciel bleu parfaitement dégagé où transpercent quelques rayons de soleil à la tempête la plus violente, les couples Christine -John Mc Vie, Stevie Nicks-Lindsay Buckingham couchent sur pistes sonores les angoisses et les souffrances de leur vie en couple ou en communauté.


L’album compte 20 titres et, sur la durée, fait quasiment le double du précédent. Les titres sont aussi beaucoup plus sombres, le côté lisse et pop de Rumours est en effet effacé, ce qui demande parfois de faire l’effort de vraiment écouter le disque.

A la fois work in progress et galette méticuleusement produite, l’album est un pur paradoxe comme l’étaient Smile chez Brian Wilson ou Pacific Ocean Blues chez son frangin Dennis.

D’ailleurs question paradoxe, sur la pochette, un petit chien montre les crocs et semble attaquer un type en Reebok. Tout est peut-être déjà dit avant même de l’avoir écouté. Défense d’entrer? Attention chien méchant? Pas si sûr. Un coup de pied bien placé ferait vite déguerpir le clébard la queue entre les jambes.
Inutile d’avoir peur. Entre, tu es toujours ici comme chez toi.



Rumours, 2 cd, Warner, réed. 2004
Tusk, 2 cd, Warner, réed. 2004

I don't want to know : ici
Tusk :

samedi 3 janvier 2009

N'importe quoi, dans le désordre : à propos de Burn after reading des frères Coen

Il était une fois :

Osbourne Cox
un cd-rom - des mémoires - des comptes - des divorces - une chaise à bascule avec un gode fait maison

de la chirurgie esthétique - des petites annonces sur internet - des problèmes de boisson (enfin, il paraît) - un vélo attaché avec un cadenas kryptonite- une salle de sport - un ipod - la c.i.a. - un film : Coming up Daisy - des cartons

mais aussi :

du footing après du sexe- un barbu - beaucoup de 'Fuck '- Osbourne Cox - des russes - des livres pour enfants - un bateau - encore du sexe - un pistolet - un cadavre dans le placard - c.i.a. man - Fuckin' lunatics!

un marteau - Hardbodies- Osbourne Cox- des sols en pin - top secret - un succès de librairie : Point of order Oliver! - un choc anaphylactique - des sols en lino - BewithmeDC.com - Fuck - Brad Pitt

Un gros merdier - the shit

Une leçon à retenir : ne pas recommencer

Jour de l'an à Bruxelles

++