vendredi 27 février 2009

Monde intelligible et monde sensible

La Dissertation de 1770 va permettre à Kant de résoudre le problème de la connaissance du monde en procédant par toute une série de distinctions. Si certes, dès la première lecture du paragraphe qui ouvre le texte, on peut comprendre qu’il va examiner la notion de monde comme un tout qui ne soit plus à son tour une partie, on doit aussi noter que Kant cherche à séparer une analyse et une synthèse idéales d’une analyse et d’une synthèse réellement effectives dans le temps, c’est-à-dire effectives concrètement. Il commence donc par montrer qu’il n’existe aucune relation entre la composition du monde établie au moyen d’une notion intellectuelle et la représentation concrète de ses parties qui nous sont données à connaître dans une synthèse successive.


La connaissance intuitive, c’est-à-dire celle qui a trait au sensible, possède ses propres lois. En effet, elle a le choix entre remonter du tout aux parties dans une régression, c’est-à-dire dans une analyse, ou bien procéder des parties au tout dans une progression ou plus précisément dans une synthèse. La première tente de faire apparaître le concept de simple tandis que la seconde, celui de Tout. Mais le problème est qu’elle ne peut les achever dans un temps fini assignable. Kant s’oppose vraisemblablement ici à Leibniz qui soutenait dans la Monadologie que le composé suppose le simple.

Aussitôt après avoir défini la monade, Leibniz procédait en effet à une analyse réelle de celle-ci. « Et il faut qu’il y ait des substances simples, puisqu’il y a des composés : car le composé n’est autre chose qu’un amas ou aggregatum des simples. » L’existence des monades est ici prouvée par le fait qu’il y a des composés dans la nature, le composé n’étant qu’un agrégat de simples. Or le simple pour Leibniz est le critérium de la substantialité et de l’existence absolue. Tout ce qui se laisse décomposer n’a qu’une existence phénoménale, et la phénoménalité consiste précisément dans la réductibilité à quelque chose de plus simple. Or Kant pense que Leibniz, qui voyait dans l’analyse, l’opération mentale qui atteignait le simple, et dans la synthèse l’opération qui s’élevait au monde, se trompe car sa conception reste totalement abstraite, elle ne tient absolument pas compte de la manière dont nous sont donnés le Tout et les parties. La pensée raisonne donc à vide, et l’esprit humain peut dés lors concevoir par synthèse ou par analyse l’absolument simple et le tout absolu, même si ni l’un ni l’autre ne peuvent être atteint dans l’intuition. C’est pourquoi la synthèse et l’analyse devraient être effectuées en un temps continu mais aussi infini. Kant distinguera par la suite la connaissance légitime des objets qu’il est possible de produire dans l’intuition et la pseudo-connaissance des réalités, pour lesquelles une telle production est impossible. Il est tout à fait possible par exemple de s’élever à l’idée d’un être suprême, auteur de la finalité dans la nature, en revanche, il est impossible de produire un tel être dans l’intuition et de l’apercevoir effectivement.


Par conséquent, la connaissance intuitive ne nous permet jamais de déterminer l’élément simple ou la totalité absolue. Kant écrit à ce propos : « Selon les lois de l’intuition relatives à la composition et à la totalité, ni le tout, dans le premier cas, ni le composé dans le second, peuvent être complètement pensés. » (Dissertation, Section première, De la notion de monde en général, §1, AK, II, 388) -je continue à citer dans l'édition de l'Académie!-) On comprend par là qu’il y a désaccord entre la faculté sensitive de l’intuition et la faculté intellectuelle ou plus exactement qu’il ne peut pas y avoir adéquation ou identité entre des opérations réalisées dans l’intuition et des opérations purement intellectuelles. De ce point de vue, on est en droit d’affirmer que le monde n’est jamais pour les sens ce qu’il est pour l’intellect. Ce que promet le concept intellectuel, les sens ne le tiennent pas, et inversement, ce que découvrent les sens, le concept intellectuel le dépasse. C’est pourquoi afin d’assumer cette dualité Kant va dans le deuxième paragraphe, distinguer trois aspects du monde : la matière, la forme et l’ensemble (materia, forma et universitas).


La matière signifie les parties du monde c’est-à-dire les substances. Cette définition pose le problème de savoir « comment plusieurs substances peuvent s’unir pour former une unité, et à quelles conditions il est possible d’éviter que cette unité ne devienne à son tour, la partie d’un autre ensemble. » (AK, II, 389) Kant souligne encore ici la place importante qu’il accorde à la définition du monde en tant que tout qui ne soit plus à son tour une partie.

La forme pose le concept d’un mode de coordination des parties en un tout et non dans une subordination des substances. La représentation de ce tout doit se fonder sur une connexion constituant la forme essentielle du monde. Kant fait remarquer à ce sujet qu’ « en embrassant plusieurs choses à la fois, on fabrique sans peine un tout de représentation, mais on n’atteint pas pour autant, la représentation d’un tout. » Cela signifie qu’il ne suffit pas pour faire un monde de prendre ensemble une multiplicité de termes, encore faut-il pouvoir distinguer la coordination idéale et subjective qui donne « un tout de représentation », c’est-à-dire une forme arbitraire du monde, d’une coordination réelle et objective qui permet « la représentation d’un tout », la forme essentielle du monde. Il ne faut pas pour autant confondre cette forme essentielle du monde avec des compositions simplement empiriques. Et afin qu’il soit possible et nécessaire que « plusieurs réalités actuelles se rapportent les unes aux autres comme parties solidaires constituant un tout », il faut qu’elles soient considérées comme des phénomènes se manifestant dans l’espace et dans le temps. De cette manière, elles attesteraient l’existence d’un principe commun de connexion universelle, mais ne l’exposeraient pas. Se pose donc ici la difficulté de déterminer un troisième terme qui soit capable d’unifier les deux précédents.

L’ensemble, enfin, définit la totalité absolue de toutes les parties intégrantes. Il faut avant tout retenir de ce paragraphe que d’un côté, les parties de la coordination nous sont données par la connaissance sensitive tandis que de l’autre, la forme abstraite de leur unité nous est offerte par la pensée. Cependant, il faut avouer que cette interprétation peut être discutée. En effet, le texte latin souffre de quelques passages un peu obscurs, ici par exemple, on peut lire : « ideoque, etiam si non sint sensitive conceptibiles, tamen ideo non cessare esse intellectuales. » (AK, II, 392) La difficulté se trouve au niveau de la détermination du sujet de « non sint », celui-ci étant elliptique. On peut donc très bien choisir le nom « coordinationes » pour construire la phrase, auquel cas elle signifierait que la coordination, qui ne dépend de la connaissance sensitive que parce qu’elle est temporelle, reste en elle-même intellectuelle. Mais, si l’on s’en réfère à la phrase précédente, on peut tout aussi bien reprendre le «plurium coordinationem », dans ce cas, si plura devient le sujet, la phrase nous amènerait à penser que, puisque la coordination est sensitive, les éléments coordonnés, eux, ne sont pensables qu’intellectuellement. Choisissons la seconde interprétation parce qu’elle nous permet de montrer, du fait du désaccord entre nos facultés de connaissance intellectuelle et sensitive que nous avons bien affaire à deux mondes. Dans cette perspective, Kant nous obligerait à faire la différence entre un monde sensible et un monde intelligible, entre un monde métaphysique, c’est-à-dire un monde en tant que totalité des choses en soi qui peut parfaitement se concevoir mais qui ne peut pas cependant être représenté, et un monde phénoménal qui, lui, est un indéfini spatio-temporel, c’est-à-dire qu’il ne peut jamais être une totalité même lorsque l’on se représente un espace et un temps au-delà des précédents, puis un autre espace et un autre temps encore au-delà, « comment, en effet, la série, qui ne doit jamais être achevée, des états de l’univers se succédant éternellement pourrait-elle être ramenée à un tout, comprenant entièrement toutes les vicissitudes, cela on a grande difficulté à le concevoir. » (AK, II, 391) Kant nous montre ainsi que concilier la forme et la matière du monde dans une récapitulation universelle est une tâche qui « inflige au philosophe un véritable supplice.» On sait par la suite que la raison oubliera tout cela, ce qui la condamnera à se déchirer dans l’arène des antinomies cosmologiques.


Conversations : A propos de rien (2)


Dans ma vie

Dès fois, dans ma vie, il ne m'arrive rien. Alors j'attends que quelque chose m'arrive.
Mais c'est long.


Chez l'ophtalmologiste

Une fois, je suis allé chez l'ophtalmologiste, une dame qui s'occupe des yeux et des lunettes. Des gens comme moi, elle n'en voit pas beaucoup. Je dois être à peu près la seule personne qui rate les tests de lecture avant et après correction (tu sais A Z U G S H). Alors ça l'énerve parce que sa machine lui dit le contraire de ce que je raconte. J'essaie d'argumenter, de décrire aussi parfaitement que possible ce que je ne vois pas. Je lui parle de mon flou. Mais au bout d'une demi-heure, elle pète les plombs et me demande généralement de repasser avec des gouttes dans les yeux. Il paraît que j'accommode de trop. En gros, avec ou sans lunettes, je vois toujours que dalle.

Chez le boulanger

Je ne sais pas pourquoi, les gens, ils ne comprennent jamais ce que je dis.
L'autre jour, j'étais à la boulangerie. Je demande une baguette. Mais la boulangère m'en donne deux. Pourtant un et deux, ça ne s'entend pas pareil. Du reste, je ne prends jamais deux baguettes. Ou tout du moins très rarement. Alors pour ne pas la vexer (la crise, tout ça), je la prend quand même. Comme ça, ça me fait une baguette pour déjeuner le lendemain matin.


jeudi 26 février 2009

Message personnel

La question est de savoir au fond : à quoi bon ? Le but n’étant pas de chercher à être qui tu es mais finalement qui tu n’es pas ou plutôt qui tu ne veux pas être.


Tu t’es marié avant tes 25 ans, tu as déjà un gosse et un chien. Je le sais, j’ai regardé ton profil sur Copains d’avant ou Facebook, je ne sais plus. Tu as mis des photos. De toi, de ta femme, de ton gosse surtout de ton gosse qui marche, qui mange son petit pot et qui s’en fout partout, qui joue dans son bain, qui sourit, qui dort. Il y a aussi la photo de ta maison. De ta petite maison avec ton petit jardin, ton petit garage pour ta voiture familiale toute neuve. Tu as une maison, c’est vrai. Moi, je n’en ai pas. Il y a tes voyages aussi, tu voyages beaucoup, enfin, non, ce n’est pas vraiment ça, disons que tu prends des vacances, tu te reposes. Tu travailles dur, c’est normal, c’est mérité. Je ferai pareil. Tout le monde le fait. En somme, on peut dire que tu as bien réussi.

Est-ce pour cette raison que tu veux devenir mon copain d’avant. D’avant. Ça veut tout dire. Non ? Tu ne l’es peut-être plus donc. Ou tout du moins, tu ne l’as jamais été. Soyons honnêtes. C’est sans doute histoire de comparer avec tes anciens camarades. "T’as une maison ? T’es marié ? T’as des gosses ? " Non. Dois-je évaluer ma réussite personnelle en fonction de ce que je possède ? Après tout, c’est ça la vie, non ? Mon père me l’a dit le week-end dernier quand je suis venu lui emprunter un peu d’argent. Faut posséder, être propriétaire de son bien. Avoir en somme un capital. Quelque chose à léguer à ses enfants. Un héritage. Toi, tu as déjà tout cela, un enfant, une femme, un capital. Et tu le montres à tout le monde avec tes belles photos. Tu n'es pas le seul. Tout le monde le fait. D'ailleurs, ceux qui se reconnaissent laissent un commentaire sympathique. On te souhaite d’être heureux. On te félicite pour ta propriété, ta famille ou ta réussite. Tu as l’air heureux. Mais c’est vrai, dis-tu, qu’il y a encore des travaux dans la maison. Avec le petit, c’est pas facile de trouver du temps pour tout faire. Et encore moins du temps pour soi. Le week-end, tu ne te reposes pas. Mais l’important, c’est d’avoir terminé la chambre du bébé à temps. Le reste, ça peut attendre. Et puis, ajoutes-tu, tu es encore jeune. Rien n’est pressé. Le plus dur est passé.


Finalement, est-ce que je dois accepter ta demande d’ajout d’amis ? Moi, je n’ai rien. Que peut-on partager ? Je n’ai rien à t’offrir. Je n’ai même pas de photos. Et beaucoup moins d’amis que toi. Je n’ai rien à t’apporter sinon la possibilité de venir comparer ton parcours au mien. Et tu sauras alors que tu as réussi ta vie. N’est-ce pas la plus belle chose que l’on puisse t’offrir ? Tu peux maintenant cliquer sans dire merci.

lundi 23 février 2009

Conversations : A propos de rien (1)

A bicyclette

L'autre jour, je faisais du vélo. Comme ça.

Un moment donné, il a fallu que je prenne une passerelle. Y'avait un type devant moi. Chapeau, pardessus et joues rouges. Le type, il se met juste devant moi. Alors, j'essaie de l'éviter. Normal. Mais il part en pas chassé et me bloque à nouveau le passage. Je le regarde fixement sans mot dire. Il se remet devant moi. Alors, je force, je fonce.
Au moment où je crois le dépasser, il m'en colle une et dit : "j'aime pas les vélos...".


En classe

L'autre jour, j'étais en classe. Blah blah blah accordez blah blah blah participe passé blah blah blah...
Tout le monde, il se marre. Alors je pense que j'ai un truc et je panique mais je fais celui qui s'en moque et continue : blah blah blah...
Soudain, y'en a une qui lève la main et dit: "M'sieur, z"avez mis votre pull à l'envers..." (c'est vrai que j'étais super à la bourre ce matin).


Au ciné

L'autre jour, j'étais au cinéma d'art et d'essais.
Il n'y avait donc que des lecteurs de Télérama ou des profs de français.
Un moment, je m'ennuyais un peu. Alors, j'ai voulu m'étirer avant de m'endormir. De toutes mes forces. Je me redresse dans le fauteuil si peu confortable d'une salle de cinéma d'art et d'essais de province. Et je m'étire comme je me suis jamais étiré. Télérama avait mis 3T pourtant.
Et là, d'un seul coup, le dossier du fauteuil se pète et je me retrouve pratiquemment allongé sur les genoux de mon voisin de derrière qui ne me lance pour tout réconfort qu'un "chuuuut" inquisiteur.

dimanche 15 février 2009

Rap Camembert


Bon, ça y'est, on l'a. Plus la peine de faire sa boudeuse et d'aller voir au pays du porridge et des garçons dans le vent. Pas besoin non plus de citer crânement les Inrocks pour dire fièrement lors d'une soirée raclette entre potes : "Ouais, Mike Skinner, tu vois, lui au moins, il a des textes, il sait raconter des histoires, c'est du vécu, ça se sent. C'est réaliste, c'est un peu comme du Ken Loach. C'est pas comme en France où les rappeurs ne parlent que de thunes, de grosses caisses et de te-pu " .

En même temps, fallait pas chercher loin non plus. Fallait p'tet même pas chercher après tout. Qui cherche encore?

Toujours est-il que le 16 février (demain donc,) sort le premier alboum de OrelSan, Perdu d'avance.
OrelSan, il habite pas loin de chez moi. Enfin, façon de parler. Il habite moins loin qu'un Mike Skinner ou une Beyoncé (ce qui là pour le coup est franchement triste.) C'est un peu par conséquent comme si mon voisin faisait du hip hop avec l'odeur du kebap fraîchement acheté remontant dans la cage d'escaliers, les boîtes de pizzas s'accumulant sur le palier, les vroum-vroums, les bangs-bangs ou les gooooooooaaaaaaaaaaaaaaalllllllllll!!!! de la PS3 traversant les fines cloisons du vieil immeuble en branle, les potes qui rient autour d'un whisky-coca et les soirées loose sans meufs (je mets un -s parce que je me dis s'il y en avait, il y en aurait plusieurs, non?).

OrelSan sait donc raconter des histoires comme un Mike Skinner ou un Alex Turner. C'est facile à dire. Mais il le fait vraiment bien.
Ça sent bon les ateliers ANPE, les journées enfumées enfermés dans son deux pièces minable, la bière chaude, les films de Marc Dorcel téléchargés en paquet ou les samedis soirs éthyliques perdus d'avance que l'on termine avec les mêmes Marc Dorcel téléchargés en paquet.
Partagé entre une assurance toute bling-bling "je suis le seul écrivain potable depuis Victor Hugo" et véritables doutes ou peur de l'échec "Ce que je raconte dans mes chansons, ce sont des clichés pas la vérité", le disque navigue entre un vrai professionnalisme (les instrus sont signées Skread, un mec apparemment hyper connu et demandé dans le milieu) et une pointe d'amateurisme gâché par une certaine nonchalance un peu casse-couilles du mec qui bédave.
Partagé aussi entre une franche déconnade à la limite de la potacherie et une certaine gravité qui ferait passer un roman de Houellebecq pour du Alexandre Jardin. C'est donc souvent drôle et vulgaire mais c'est aussi toujours touchant et sincère et tout cela pourrait donner l'impression que l'ensemble est inégal mais pourtant ça fonctionne. Et on se dit qu'OrelSan, c'est quand même ce qui est arrivé de mieux au hip hop français depuis... depuis quand bordel?

Reste à surveiller maintenant un certain dEf dont le Television circulant sur Myspace est des plus prometteurs...

samedi 14 février 2009

Buzz.... l'éclair


En France, pays de la gaudriole et de Coluche, on a Michael Youn.
Aux US, ils ont pour le même job Andy Samberg, Akiva Schaffer et Jorma Taccone du SNL. Quand l'un fait une parodie poussive, gonflante mais qui cartonne auprès des gens, de ton pote le hip-hop, les autres en font une, certes, toute aussi poussive et qui cartonne un max itou, mais, il faut bien l'avouer, franchement plus marrante.

The Lonely Island s'appelaient au début The Dude et faisaient des clips débiles avec Justin Timberlacke (gage de qualité me diras-tu) dans le SNL.

Andy Samberg, tu le connais peut-être pour l'avoir vu dans le culte et hélas peu connu Hot Rod, le film où un mec fait des cascades en mob et porte une fausse moustache. Le dvd est sorti en catimini chez Auchan il y a quelques semaines.

La mayonnaise est montée rapidement, les gimmicks les plus Fm-ères (oh, putain,... je repique un truc à Zazie, là, non?) digérés impeccablement par le trio ont vite tournés sur You Tube et Cie. Que ce soient les productions molles du genou de Timbaland ou bien les derniers hits abusant du voicoder ou de l'autotune.

Sorti début février, l'album Incredibad qui cartonne sur le net, I-tunes ou chez ton cousin américain réunit toutes les pépites du groupe avec de nouveaux morceaux inédits. Entourés d'une bande d'invités à la hauteur (Julian Cassablancas, l'énormissime Jack Black, T-Pain, et toujours ce cher Justin), le disque s'écoute le sourire aux lèvres et s'oublie au bout d'une demi-heure. Pourtant, il serait vraiment dommage de passer à côter de la prose d'un I'm on the boat :

Regarde bien, je suis sur un putain de bateau.
Fuck les arbres, je grimpe au mât.
Comme Kevin Garnett, tout est possible.
Crois moi quand je dit que j'ai couché avec une sirène.


d'un Dick in the box qui se passe de commentaires,

d'un Jeeze in my pants :
Ne le dis pas à tes copines c'est toi qui m'a chauffé en touchant mon boule.
Je suis très sensible, ce qui peut-être une qualité.
Quand on apprend que Bruce Willis est mort à la fin de Sixième Sens.
J'ai aussi éjaculé dans mon calbute.


d'un Sax Man qui n'arrive pas à sortir un son,

ou encore d'une Nathalie Portman qui rape mieux que Diam's (ce qui n'est pas non plus très compliqué).

On parle beaucoup de cul. C'est vulgaire, c'est bête, c'est moche. Tout pour plaire, donc.
Manquent les sous-titres pour les non-anglophones.
Mais tel quel, au pire des cas, tu donneras l'impression à ton voisin d'écouter Fun Radio ou un bon vieux Beastie Boys.