
Bart': Quelle aventure, les amis! Nous voilà partis sur la route du plus grand auteur chilien pour ramener une mèche de ses cheveux afin de le cloner et de lui poser des questions sur son oeuvre...
Pedro : MADRID, nous voilà !!
Belane : Je connais un type, pas loin d’ici, un vrai fêlé, peut-être qu’il sera capable de vous aider.
Belane : Messieurs, laissez moi vous présenter le célèbre Professeur Emmanuel Bourdaud !
Manu : ...ce n’est pas le fait que vous vouliez ressusciter l’auteur chilien qui me surprend, mais que vous soyez les deuxièmes à venir me demander de l’aide…
Manu : Ressusciter Bolaño n’est pas sans danger… L’expérience peut mal tourner. Et le gentil chilien peut devenir un véritable despote si on s'y prend mal !
Untel (à Labuse) : T’avais dit qu’avec un seul de ses cheveux, tu pouvais le cloner ?
Labuse : Je sais !
Untel : Alors ?
Labuse : Alors, je pouvais pas deviner que ça allait en faire un dictateur chilien !
Belane : Bon, alors, les cocos, vous décidez quoi ?
AVERTISSEMENT
Dans l’avion
Pedro : J’ai l’impression d’être parti au moins un mois !
Bart’ : Pourtant, ça ne fait qu’une journée…
Pedro : C’est ça qu’est bien.
Thomz : Dites donc, vous n’avez pas vu Labuse ?
Untel : Si, tout devant. Cet enfoiré a été surclassé en business class. Y’avait plus de places avec nous.
Thomz : Et qui est-ce qui a les cheveux de Roberto?
Bart’ : J’ai quelques boucles dans mon portefeuille, Labuse en a aussi, je crois.
Une dame : Tom ! Tom ? Où es-tu ? Tom !
Une hôtesse : Que se passe-t-il, madame ?
La dame : Je cherche mon fils, Tom. Il était avec moi, il y a 5 minutes…
L’hôtesse : A quelle place êtes vous ?
La dame : Euh, attendez… (elle sort son billet) La 49, là bas !
L’hôtesse : Calmez-vous, il ne doit pas être bien loin, venez…
Bart’ : Faites des gosses !
Thomz : Cette phrase est toute pourrie…
Bart’ : Je sais…
Pedro : Vous croyez qu’on aura un film sur le vol ?
Untel : En tout cas, j’espère qu’ils ne vont pas encore nous refiler de la paëlla…
Pendant le vol
Des cris, des hurlements, beaucoup de secousses.
Pedro : JE VEUX PAS MOURIR !!! JE SUIS TROP JEUNE !
Bart’ : Accrochez-vous !
Thomz : Putain, quelle merde !
______________NOIR______________
152
Expliquez-moi l'énigme des films pornos, lui demandai-je. Vous n'avez rien remarqué de bizarre, d'anormal, quelque chose qui ai attiré votre attention?
Bart': C'est à moi que tu parles?
Thomz: Non, j'ai rien dit.
Pedro: Mais sapristouille, où est-ce qu'on a encore atterri?
A son expression, je compris qu’à l’exception peut-être de son retour familial au Chili, il s’en fichait des films, des revues, et de tout. La seule chose remarquable…
Bart’ : Quoi ?
Thomz : Quoi quoi ?
Bart’ : Je suis pas sourd…
Thomz : Pas encore…
Bart’ : T’as dit Chili ?
Thomz : J’ai pas dit Chili!
Bart’ : Alors qui a dit Chili ?
Untel : Personne a dit Chili…
Pedro : J’ai entendu Chili aussi !
…c’est que chaque jour, je suis plus obsédé par ce salaud de Wieder. Et c’est positif ou négatif ?
Bart’ : Mais de quoi ?
Untel : Attendez, ça y’est, j’entends aussi…
Pedro : Merde, vous croyez qu’on est mort ?
Ne plaisantez pas Romero. D’accord, je vais vous raconter une histoire.
Untel : Romero, Wieder… ça ne vous dit rien ?
67
Farewell : si je n'avais pas si mal au bide et si je n'étais pas aussi saoul, je me confesserais dans l'instant.
Moi : ce serait un honneur pour moi.
Labuse : Excusez-moi…
Farewell : ou je vous traînerais jusqu'aux toilettes et je vous enculerais une bonne fois pour toutes.
Labuse : S’il vous plaît ?
Moi : ce n'est pas vous qui parlez, c'est le vin, ce sont ces ombres qui vous inquiètent.
Farewell : ne rougissez pas, nous les Chiliens, nous sommes tous des sodomites.
Labuse : Messieurs ?
Moi : tous les hommes sont des sodomites, ils portent tous un sodomite dans l'architrave de l'âme, pas seulement nos pauvres compatriotes, et l'un de nos devoirs est de le dominer, d'en triompher, de nous mettre à genoux.
Tom : Ils ne répondront pas.
Labuse : Comment ?
Tom : Ils parlent, ils parlent depuis tout à l’heure mais ils ne nous voient pas. Ils ne nous entendent pas.
Labuse : Ils le font exprès. Ils sont ivres. Regarde !
Farewell : vous parlez comme un suceur de bites.
Moi : je ne l'ai jamais fait.
Labuse : Tu vois !
Tom : Non… Ils ne feront rien.
Labuse : Et pourquoi ?
Tom : Parce qu’on est mort !
Labuse : N’im-por-te quoi !
Tom : Si! L’avion s’est crashé et on est mort !
Labuse : Tu étais dans l’avion ?
Farewell : ici nous sommes en lieu sûr, ayez confiance, ayez confiance, même pas au séminaire?
Moi : j'étudiais, je priais et j'étudiais
Tom : Oui.
Labuse : Il n’y a que nous, ici ?
Tom : Oui.
Labuse : Et les autres ?
Tom : Il n’y a que nous pour l’instant…
Labuse : Reste à savoir où nous sommes…
Farewell : ici nous sommes en lieu sûr, ayez confiance, ayez confiance.
Tom : On ne peut pas sortir d’ici. J’ai essayé. On est coincé.
Labuse : Attends, … euh… tiens, c’est vrai, je ne connais même pas ton nom.
Tom : Je m’appelle Tom. Tom Pynchon.
Labuse : Enchanté, Tom. On m’appelle Labuse.
Tom : Il est un peu pourri ton nom...
Labuse : Je sais…
153
Après il me raconta l’histoire d’une bande d’individus qui tournaient des films pornos dans une villa du golfe de Tarente.
Bart’ : Mais, bon sang, tu as raison !
Untel : Comme d’habitude…
Thomz : Au début, je n’y avais pas prêté attention, mais maintenant, c’est clair.
Untel : Et si je me souviens bien, on est à peu près à la fin…
Pedro : A la fin de quoi ?
Un matin, ça devait faire deux ans, on les avait tous retrouvés morts. En tout six personnes, trois actrices, deux acteurs et le caméraman.
Thomz : A la fin du bouquin, Pedro !
Pedro : Hein ?
Untel : On est dans Etoile Distante, là ! Tu te rappelles pas ?
Pedro : Je l’ai pas lu celui-là…
Bart’ : Si on est à la fin du livre, qu’est-ce qui va se passer si on arrive à la dernière phrase ?
Thomz : Il faut qu’on se casse d’ici !
Untel : Il faut retrouver Labuse…
68
Moi : je lisais St Augustin, je lisais saint Thomas, j’étudias la vie de tous les papes.
Farewell : et vous vous souvenez encore de ces saintes existences ?
Moi : attendez, Farewell, j’ai l’impression que nous ne sommes pas seuls. Quelqu’un nous écoute.


