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samedi 19 janvier 2008

Regarde bien tout au bord

Cette semaine, au lieu d'écouter Nagui et son copain pas drôle à la radio, j'ai préféré, à l'heure du petit déjeuner, me réveiller avec le dernier album de Daniel Darc.
Bon, d'accord, ce n'est pas tellement un album du matin. Entre deux cracottes, un bol de chocapic et un café, l'ambiance ne colle pas trop.

Mais, les chansons me restaient dans la tête toute la journée et me donnaient par conséquent l'irrésistible envie de l'écouter à nouveau le soir, un verre de vin à mes côtés.


Au cours de certaines matinées, il m'est arrivé plusieurs fois de fredonner sans que je m'en rende compte quelques notes du sublime "J'irai au paradis". Des yeux écarquillés, des visages hagards se tournaient alors vers moi, accompagnés de rires moqueurs mais étouffés.
J'aurais alors aimé répondre à ces jeunes âmes impures que j'avais écouté, à l'heure où ils se passaient un coton de Biactol sur le visage, un disque bouleversant, que c'était quand même mieux que leur opportuniste Yelle. Mais j'entendais déjà le crissement de la lame des cutters sortir de leur cadre en plastique.

Alors, je n'ai rien dit. j'ai repensé à "ça ne sert à rien" (piste 6) et j'ai attendu la fin de journée, paisiblement, avec les méLOdies du dernier Darc dans la tête.

Et je suis rentré. Heureux de retrouver le disque posé sur mon bureau.

Comme Crève-Coeur, son précédent album, Amours Suprêmes est un album entier et réfléchi. On aimerait dire "authentique" si le mot n'était pas tant annagalvaudé.
Il n'y a rien à jeter. Curieux, pour un déchet comme Daniel Darc qui a survécu à peu près à tout. C'est peut-être parce que le disque est court. Mais tout est parfaitement dosé. C'est fait avec suffisamment de goût et de raffinement pour ne pas sombrer dans le ridicule. Il ne manque pas grand chose pour que tout s'écroule, mais tout tient, on ne sait comment, comme Darc. Que ce soit l'ambiance très velvetienne du premier morceau ou le duo avec Bashung, on sent bien que Darc et Fredéric Lo ont parfaitement digéré une certaine culture musicale et qu'ils sont capables de partir de tout cet héritage pour aller plus loin encore et trouver leur propre ton sans jamais tomber dans la gimmick facile ou le ridicule le plus affligeant. C'est donc un disque rock, un vrai comme il n'en existe pas beaucoup en France, avec des textes durs comme de la corne sur les mains. Des textes qui sentent le vécu. Elliptiques. Ethyliques. Il est rassurant de les écouter chez soi, bien au chaud, à l'abri des regards et des tentations.
C'est un disque qu'on écoute tous les jours, même le matin.

vendredi 18 janvier 2008

Sweet Nuthin'

Ce matin, je me suis aperçu que je commençais à perdre mes cheveux. Légèrement mais sûrement. Juste au dessus des tempes, un léger arrondi commence à se former. Je n'ai rien vu venir. 2008, c'est ma dernière année avant l'âge fatidique des...

Il paraît qu'il y a des étapes incontournables dans la vie d'un homme.

Comme celle de voir la trilogie des Parrain.


Je n'ai jamais vu le Parrain. Dans mon c.v. de prétendu cinéphile, ça la fout un peu mal. Je m'en suis toujours un peu caché.
.
Cette nuit, j'ai rêvé que je faisais un concert dans une boîte de jazz parisienne forcément branchée. Je jouais du saxophone ou bien de la clarinette. Je ne sais plus. Mais en tous les cas, ça sonnait comme du Eric Dolphy. Le plus incroyable était que l'instrument n'avait aucun secret pour moi. J'en connaissais parfaitement la structure, je savais le manipuler avec une parfaite dextérité. Mes doigts allaient et venaient sur les corps . Les notes s'enchaînaient, je savais exactement où j'allais. Librement. Je demandais même plusieurs fois à changer d'anche. J'étais en parfaite osmose avec le public et mon groupe.


Le problème est que je ne sais pas jouer d'un instrument. Depuis qu'un prof de musique m'a dit au collège que je n'avais pas l'oreille musicale. J'ai tout laissé tomber.
Jusqu'à aujourd'hui. Où j'essaie d'apprendre la guitare, mais j'ai mal aux doigts et je ne sais même pas jouer Smells Like Teen Spirit.

Il paraît qu'il y a des étapes incontournables dans la vie d'un homme...
Alors, j'ai décidé que je saurai jouer l'intégralité des morceaux du Unplugged de Nirvana (juste parce que je n'avais pas pu le faire au collège) et j'ai voulu aller acheter ce midi les 3 Parrain pour devenir enfin un homme.

Mais au dernier moment, ma main a saisi le coffret de la trilogie des Histoires de Fantômes Chinois.

Je ne verrai pas le Parrain, ce soir...

jeudi 3 janvier 2008

Pas vu sur Ebay


mercredi 26 décembre 2007

Message personnel



Trop bien!

Induced by air conditioning



Quand j’étais au lycée, le samedi midi, il y avait la sœur d’une copine qui venait nous chercher en Twingo jaune après le cours un peu chiant de latin. Cette fille avait deux ou trois ans de plus que nous. Elle était à l’université. La classe. Elle faisait des études de lettres ou un truc dans le genre, peut-être philo même, mais elle n’était pas en fac de sciences parce qu’elle était bien trop belle pour faire math. J’attendais avec impatience chaque fin de semaine. De la fenêtre de la salle D315, pendant que mes camarades essayaient de terminer leur version de Tite-Live à laquelle j'avais renoncée, je regardais fébrilement au dehors si je n'apercevais pas la voiture jaune sur le parking.

Cette fille, en plus d’être vraiment belle, était drôle et intelligente. Elle écoutait toujours de la super musique sur l’autoradio pourri de la caisse de ses parents. Les Pixies, les Stones, Weezer (enfin surtout Undone), les Beatles
Quand la sonnerie libératrice retentissait, mon cœur se mettait à battre plus rapidement, mes mains commençaient à devenir moites. Je sortais en jetant ma version inachevée sur le bureau du prof endormi et j'allais rejoindre ma copine qui ne faisait pas latin mais option cinéma. Dans les couloirs, je marchais rapidement, essayant d'éviter les lycéens amorphes, enjambant les plus atteints, j'en profitai aussi pour prendre une pastille mentholée fraîcheur extrême, histoire de masquer l’odeur repoussante d’une bouche fermée pendant une heure. L'odeur du cours de latin, en somme.

Sur le parking, je m’arrêtais un instant savourant ce court moment avant de rejoindre la voiture. J’entendais déjà la musique qui passait au travers des fines portes en plastique de la Twingo. Je respirais profondément et ouvrais la portière passager en essayant de rester le plus naturel possible. Son parfum se répandait alors tout autour de moi. La tête me tournait. En me faisant une bise, ses cheveux ondulés caressaient mon visage. Je fixais attentivement son cou qui se tendait avec l’envie irrésistible de l’embrasser, de m’enfouir dans ce creux chaud, parfumé et si accueillant. Puis je m’asseyais, silencieux, sur la banquette arrière inconfortable pendant que ma copine prenait la place si désirée du passager. Elle montait le volume de l’auto-radio et on partait pour 10 minutes de bonheur.

Sur la route, c’était toujours la même chose. Elle parlait tout le temps, de choses et d’autres, de trucs d’étudiants cool pour nous, lycéens. « Il est toujours aussi timide ton copain », elle disait à sa sœur. Mais je n’étais pas timide, j’étais bloqué. Mon corps ne répondait plus, incapable de sortir un son, j’acquiesçais le plus souvent de la tête. J’avais peur. Peur que toute cette beauté, cette classe s’envole au bruit de mes mots maladroits, de mes idées mal forgées et réductrices, de mes avis si peu intéressants. J’avais peur qu’en parlant elle se rende compte que j’étais con et qu’elle ne veuille plus me raccompagner le week-end. J’avais peur de la décevoir. Je voulais lui plaire mais je savais que mes paroles me desserviraient alors je ne faisais rien. Je profitais de cet instant, je le gardais précieusement pour moi et il m’aidait à tenir la semaine, à combler son absence.

L'année a passé comme toutes les autres années. Et je ne lui ai jamais réellement parlé. Elle m’a sans doute pris pour un mec timide un peu simplet qui n’avait que deux mots de vocabulaire : « ouais » et « cool ».

Cette sensation de malaise ou plus généralement d’incapacité à mettre mes idées en ordre, à mettre à nue ma parole, je la ressens aujourd'hui encore.

Dès que j’écoute les Fiery Furnaces et qu’il s’agit d’en parler, d'en faire une notule, d'en dire quelques mots. Je reste silencieux sur le sujet. Je me bloque. Instinct naturel de défense. J'ai l'impression que quoique je dirais, rien ne pourrait être à la hauteur de ce que je ressens en écoutant les albums. Ce n'est pas tant que je ne sache pas quoi écrire sur ce groupe mais simplement que je n'ai pas envie de trahir les disques. Alors, achètes-les, commande, par exemple, Widow City parce que ce n'est pas à la Fnac que tu risques de le trouver, écoute-les autres. Pense à la première fois où tu as écouté le disque que tu chéris le plus dans ta discothèque et imagine que tu puisses retrouver cette sensation.
Avec les Fiery Furnaces, tu t'en approcheras certainement de très près. Et tu sauras alors...

Mais tu peux surtout aller voir la notule d’Harry Belane sur Pulp qui, lui, n’a pas peur de parler aux jolies filles. Et tu en sauras bien plus...

lundi 10 décembre 2007

20 groupes qui n'existent pas avec 20 albums qui n'existent pas non plus

Hier soir, du côté du bon blog de Food For Your Ears, une notule recensait 20 noms de groupes inventés claquants et clinquants. Mono maniaque de la liste, je n'ai pu résister à l'envie de proposer ma petite sélection de groupes ou de chanteurs qui n'existent pas, mais dont tu t'empresserais d'acheter le cd sitôt la hype lancée par les Inrocks qui disent que c'est bien que c'est un truc qui se passe en ce moment sur le net, qu'il y a un gros buzz, que c'est le moment d'écouter avant que ça devienne ringard... bref, on s'amuse comme on peut aussi le lundi soir.

Shake your head, touch your knees, move your hand and say « alala » - lp #1
(un disque bourré d'énergie, véritable machine à danser aux tubes imparables)

??? - Azertyuiop
(Véritable sensation de la scène underground New Yorkaise, les ??? sont le blitzkrieg du dancefloor en passant à la moulinette de beats improbables le funk le plus péchu et le punk le plus énergique )

Yann M.. – Elle faisait des cœurs sur ses ‘i’ et lisait Henri Troyat
(Après un simple "L'odeur de la colle Cléopâtre" remarqué, Yann M.. revient avec un album "doucement amer" sur les amours perdues, l'errance quotidienne et le mal être moderne. Le renouveau de la nouvelle scène française!)

Not Seen on The Radio – Relaxin’ muscles
(David Bowie ne s'est pas trompé en disant : "c'est la chose la plus surprenante que j'ai entendue depuis des années", les guitares y sont maltraitées, les chansons déstructurées, on crie, on pleure, on souffre le tout dans un chaos sonore duquel sortira forcément une renaissance)

David GatoOne more time again
(Le champion de l'électro-house revient avec un nouvel album plus adulte)

I’m not your fatherPlay with your sister
(Qui a dit que la disco était morte? Pas les I'm not your father...)

Jack Pepito - Alone
(Tout seul avec son synthé Roland, Jack Pepito rappelle les premiers Babybird, le cynisme en moins)

Minitel - Electrocadero
(Produit par l'increvable Dj Orgasmic, avec la participation de Teki Latex, du hip-electro-hop qui parle de cul avec le coeur)

Life in Technicolor – Shinin’ in the rain
(Une chorale de 254 personnes qui chantent des reprises de Ace of Base! Incroyable!)

Onefingerin' Uranus- Lick your best friend’s sister
(Le renouveau du Hip Hop New-Yorkais, le flow hallucinant de Concella Gonzalès, 120 kg, des textes incisifs, et une présence scénique incroyable ont fait de ce groupe une référence incontrournable du genre)

The EastwoodsUnforgiven
(Avec leurs airs de ne rien y toucher, les Eastwoods font une pop énergique digne des Shins)

The Clumsy DollsWe are girls with guitar
(4 suédoises, 2 guitares, 1 boite à rythmes et 2 chanteuses qui ne mâchent pas leurs mots)

Stay Tuned – Mont Blanc
(Les français s'affirment davantage dans cet album et continuent leur électro angoissante et obsessionnelle)

Leonard Nimoy Band - First!
(Premier essai, premier coup de maître pour ces 4 frères texans qui, toute guitare dehors, font parler la poudre)

Free Downloading – This is not my music
(Attention: album concept : 3 mêmes chansons complètement barrées de 1min 17s)

The Best Rock and Roll Band ever aka B.2r.B.e – The Best Rock and Roll Lp ever
(Cuir, sueur, bière. Jouer vite et fort. Les B.2r.B.e. essaient de tenir les promesses de leur nom de scène et ils ne sont pas loin de les remplir...)

The end of the beginningSafe
(Après un E.P assez décevant car trop ampoulé, le groupe retrouve la fraîcheur et la sincérité de son premier album en accouchant de quelques titres electro pop parfaitement composés)

Ricky Lee and Lisa ShamIt’s true she was a man
(On croyait au début qu'ils étaient frère et soeur, puis amants, en fait, ils sont bien amants mais Lisa fut il y a quelques années un homme, d'où peut-être sa façon si particulière de manier le manche de guitare. Quant à Ricky Lee, son jeu minimaliste de batterie n'a pas changé depuis les premiers albums. Du rock épuré qui envoie la purée)

The 33 cm – Dans notre garage
(les petits punks parisiens prouvent, en 26 minutes, qu'on peut aussi faire du rock en France et en Français!)

Koko and Co. – Don’t feed the beast
(Ambiance MelodyNelsonnienne pour ce groupe anglais de Bristol qui croise savamment tous les genres pour produire un son réellement planant et totalement inédit)
nb : tous ces noms ont bien entendu été déposés

mardi 27 novembre 2007

Pas mieux qu' Harry Belane et Food For Your Ears



13 titres de moins d'1 min 30








  • Intro : Daft Punk - On/Off (Human After All) 0'19
  • Léo Ferré – Le Sonnet du trou du cul (Maudits soient-ils!) 0’57
  • Pierre Lapointe - 25-1-14-14.16 (La forêt des mal aimés) 0’56
  • Iggy Pop and James Williamson – Night Theme (reprise) (Kill City) 1’01
  • Alan Reeves, Phil Steele and Philip Brigham - The Chase (Road to Salima o.s.t.)1’03
  • Queen - Lazing on a Sunday afternoon (A Night at the Opera) 1’07
  • Elliot Smith – Between the bars (orchestral) (Will Hunting o.s.t.) 1’08
  • Pixies – Allison (Bossanova) 1'19
  • Queens of the stone age – Six shooter (Songs for the deaf)1’10
  • Scott Walker – 30th century Man (Scott III) 1’28
  • The Beatles – Mean Mr Mustard (Abbey Road) 1’06
  • Malajube – Jus de Canneberges (Trompe l'oeil) 0’57
  • The Shins – Pam Berry (Wincing the night away) 0’56

samedi 24 novembre 2007

Liste 5 : 10 disques que j'assume totalement mais bon c'est vrai que c'est quand même un peu la honte

En essayant d'éviter la liste bides et musiques, bien trop facile

1. Britney Spears - Blackout
Un bon disque pour de vrai qui parle des affres de la célébrité et qui dit beaucoup de choses sur une fille qui sent des pieds et aime faire gicler le sébum de ses boutons.

2. David Bowie - Never let me down
Comment ça Never Let me down? Mais c'est le plus mauvais Bowie, surproduit, peu inspiré, mal écrit.. bah, justement non, moi, je l'aime bien.


3. The Offspring - Smash
L'innocence de mes jeunes années.
Réécouté cet été plusieurs fois.

4. Toto - IV
C'est carré, net, et précis mais ça dégouline quand même un peu, enfin, moins que Rocky IV.

5. Queen - Jazz + Flash Gordon
Parce que Mustapha, parce Football Fight

6. Foo Fighters - Foo Fighters
Je n'avais pas pu acheter le premier album des Foo Fighters à sa sortie parce que 1) j'avais dépensé tout mon argent de poche dans un jeu pourri de Megadrive et 2) je voulais le disque de Babylon Zoo à la place.

7. Justice - +
Un disque qui a le mérite de réunir le public de Fatal Bazooka et celui des 2 many dj's ou de Bénabar.

8. Lavilliers Live Tour "80"
Une édition limitée, numérotée arrachée à prix d'or sur Ebay. Quoi?

9. Vincent Delerm à la Cigale
Il est quand même plus marrant que Luz et Guillon réunis

10. U2 - Achtung Baby
Un disque qui m'a permis en 6ème2 spécialité anglais de faire un peu d'allemand...

vendredi 23 novembre 2007

10 listes de 10



1. La liste des 10 meilleurs disques à écouter en buvant du vin
2. La liste des 10 vinyles inécoutables en cd
3. La liste des 10 remix qui rendent l'original dispensable
4. La liste des 10 meilleurs face b de db
5. La liste des 10 disques dans ma discothèque que j'assume mais bon c'est vrai quand même que c'est un peu la honte
6. La liste des 10 chansons pour se réveiller le matin
7. La liste des 10 albums que je n'ai jamais écoutés en entier
8. La liste des 10 chansons qui donnent envie de sortir dans la rue et de parler aux gens
9. La liste des 10 chansons à écouter après minuit
10. La liste des 10 albums qui font dire "non à la drogue"

mercredi 21 novembre 2007

10 bonnes raisons d'écouter des reprises, aussi...


1. Pictures of Lilly des Who par l'immense db

2. Oops... i did it again de Brit-Brit par Richard Thompson

3. Hurt des NIN par Johnny Cash

4. Walk on the wild side de Lou Reed par les Strokes

5. Gare au jaguar de Brassens par Joeystarr

6. Well did you Evah! de Cole Porter par Iggy Pop et Deborah Harry

7. Lithium de Nirvana par les Polyphonic Spree

8. Hey Joe de Jimi Hendrix par Bashung

9. Queen Bitch de Bowie par Seu Jorge

10. Not if you were the last dandy on earth (fausse reprise) des Dandy Warhols par The Brian Jonestown Massacre

lundi 19 novembre 2007

And then, Pop. Goes my heart.

Il y a eu Jamie T. au printemps dernier, il y a cet automne Jack Peñate. Curieusement (ou non), Matinée, titre de ce premier album ensoleillé, a des odeurs de cèdre et de fleur d'oranger. C'est l'album que j'écoute en effet le matin sous la douche d'où ce puissant parfum de synthèse qui me revient en mémoire. Ce soir par exemple, même si ça sent un peu la flammekueche dans l'appartement, depuis que le disque tourne sur ma platine, je repense à ce petit flacon d'ivresse aux notes hespéridées. J'aurai pu penser à autre chose, dire par exemple que c'est aussi gai et chaleureux qu'un disque des Shins, que ça a l'énergie festive des Dexys Midnight Runners, et que l'écriture est appliquée et rythmée mais non, je préfère te parler à la place des senteurs d'un gel douche bon marché, sous-marque d'une grande enseigne qui me donne des démangeaisons la nuit.


Quittons la salle de bain un instant.


Après un petit déjeuner rapide, je pars au boulot en embarquant l'album de Caribou : Andorra. C'est presque aussi joyeux que Jack Peñate sauf que la musique de Dan Snaith est bien plus intellectualisée que celle du londonien. C'est un type qui a un doctorat en mathématique et le look idoine. Par "plus intellectualisée", j'entends plus réfléchie, pendant toute année comme s'il faisait un travail de recherche universitaire, Snaith a en effet construit son album patiemment, petit bout par petit bout, conceptualisant le medium, dé(cons)truisant les rythmes, collant ici où là des morceaux de mélodies. Le résultat est très surprenant car au fond le disque, même s'il baigne parfois dans l'electro douce, est très pop. L'album est scindé en deux parties bien distinctes. Dans une première, on y croise Brian Wilson et la sunshine pop où des mélodies colorées explosent tordant de plaisir le rythme des chansons. Dans une seconde, Snaith se laisse aller à l'expérimentation. Les titres deviennent plus electro. Toutefois persite l'extrême rigueur des arrangements et de la production car Snaith a vraiment le souci du détail et sème dans ses chansons des sons ou des arrangements si subtiles qu'il faut certainement plusieurs écoutes pour les entendre. C'est un beau disque qui me pousse certains matins à prolonger le trajet pour aller au boulot. Parfois pour écouter une seconde fois, la magnifique She's the one, il m'arrive au grand dam des autres automobilistes qui font la gueule en écoutant Europe 2, de faire plusieurs tours de rond point, juste comme ça, pour tournoyer avec la musique et prendre quelques minutes de bonheur avant de commencer une autre journée de travail.



Puis, quand les premiers lampadaires s'illuminent et que je cherche une place pour me garer pas trop loin de chez moi, je pense à l'autre disque qui m'attend : Bright Flight des Silver Jews. Bon, là, c'est un peu le disque idéal à écouter en buvant un très bon verre de vin et en allumant le feu de cheminée. Silver Jews, ça sent le sud, le whisky, la clope, la braise et le foin. L'écriture, incisive et ironique, prend dans la parole du chanteur David Berman des faux airs de M. Doughty (tu sais, le mec de Soul Coughing) ou de Caleb Followill (tu sais, le mec des Kings of Leon) et parfois, mais il faut chercher un peu, de Lou Reed (tu sais, le mec du Velvet Underground). Surtout, l'album contient peut-être une des ces chansons qui donne envie de virer les 9 999 autres de ton Ipod. Tennesse. Il faut vraiment que tu l'écoutes si tu ne la connais pas. C'est immense, c'est beau, c'est chaud, ça monte tout doucement puis ça explose comme un épi de maïs que l'on jette dans dans le barbecue. Quand je mourrai, je veux qu'on m'enterre avec cette chanson.

mercredi 7 novembre 2007

!!! au Trabendo le 06 novembre

Cette fois, je ne suis pas allé aux toilettes après la fin du concert. En fait, je suis allé pisser dehors, sur le chemin qui sépare le Zénith du Trabendo, derrière un buisson. Et surprise, il y avait là aussi des camarades dont l'odeur quelque peu repoussante de la sanisette gratuite les avait contraint à venir communier avec la nature. Et figure-toi que ces deux types qui étaient en train de se soulager la vessie en plein air parlaient justement du concert. Ce que j'ai pu entendre entre deux jets d'urine était grosso modo : "putain, ils déchirent. c'était trop cool". Et l'autre, qui remettait sa ceinture, de confirmer les dires de son pote par un "ouais, trop fort".

N'ayant qu'une faible analyse critique et une vessie capricieuse, je ne pouvais qu'acquiescer les remarques si subtiles et ô combien pertinentes de mes copains des bois, enfin de buissons.
Les oreilles encore bourdonnantes, je ne pus malheureusement entendre le reste de leur conversation mais je les voyais rire à gorge déployée, leur visage discrètement éclairé par la faible lumière de la lune. L'un tapa d'un revers de la main l'épaule de l'autre. Ils rirent encore puis disparurent.

C'est vrai qu'il était bien ce concert. Même Télérama a mis deux T dans son Sortir, alors, t'imagines un peu. D'ailleurs, ils devaient certainement y en avoir des critiques de mon hebdomadaire favori dans la salle. Et c'est peut-être ce qui m'a un peu gâché la soirée : savoir finalement qu'on avait quelque chose en commun, lui et moi.

Imbécile

Au café de la danse, lundi 5 novembre.


On apprend beaucoup de choses d'un spectacle en allant aux toilettes, une fois la représentation terminée.

Aussi, ce soir-là, le mot qui revenait le plus entre deux urinoirs et le distributeur de savon liquide était "décevant". Décevant d'abord parce que Katerine et Héléna n'étaient pas là. Même si Bertrand Belin et Armelle Pioline étaient tout à fait convaincants. Décevant aussi parce que la rencontre tant attendue entre Marivaux et Sautet que promettait l'album concept n'a pas eu lieu.

N'ayant moi-même qu'une faible analyse critique mais une très grande envie de pisser, je ne pouvais que confirmer les dires de mes camarades des gogues.

Si les chansons d'Olivier Libaux jouées en live sont toujours aussi agréables à écouter, le texte les accompagnant ou plutôt leur servant de transition, était pour sa part très faible (du niveau d'un bon CM2 et je sais de quoi je parle pour une fois) plombé par une direction d'acteurs assez hasardeuse (enfin pas catastrophique non plus mais ça faisait quand même représentation de fin d'année).

Je ne peux pas dire que je me sois ennuyé (le spectacle était bien trop court) mais l'ensemble faisait un peu peine à voir. D'un côté, l'éxécution parfaite des titres de l'album (jp nataf vraiment très bon, comme d'habitude quoi), de l'autre, des textes frôlant la mauvaise improvisation. Reste que, comme disait mon voisin de pissotière, "c'est sûr, ç'aurait été mieux avec Katerine".

samedi 20 octobre 2007

dogsareeverywhere


Dogs are everywhere almost everywhere that I go

They have too much and then

They have too much again and then more

They leave their scent behind them everywhere they go

Oh dogs are everywhere that I go

Oh dogs are everywhere almost everywhere that I go

They have too much and then they have too much again and then more

They leave their scent behind them everywhere they go

Oh dogs are everywhere yes dogs are everywhere yes dogs are everywhere that I go

They always wag their tails at all the pretty girls and older women

They find their own way in and they rip up everything that I believe in

Sometimes I have to wonder about the dog in me

Oh dogs are everywhere yes dogs are everywhere, yes dogs are everywhere that I go

They get down on all fours when you walk through the door

They whine and beg around your feet like a dog for something sweet

They sink their teeth in you, they're tearing you in twoRemains are buried out of doors

Oh I want some more

I want some more

Sometimes I have to wonder about the dog in me

Oh dogs are everywhere yes dogs are everywhere oh dogs are everywhere that I go

Sometimes I have to wonder about the dog in me

Oh dogs are everywhere yes dogs are everywhere

Yes dogs are everywhere that I go that I go, that I go, that I go

Everywhere, everywhere, everywhere, everywhere

Dogs are everywhere.


Jarvis Cocker